Georges de Porto-Riche,
Tout n'est pas rose : poésies
(1877)
“ L'un à l'autre inconnus, froids, pesants, le cœur vide, Étain, cuivre, ils sont là, dans le creuset avide ; Pour unir leur destin, pour mêler leur fluide, N'attendant que la flamme et le souffle d'un dieu. Le creuset tout à coup rougit, bouillonne et fume ; Le métal embrasé monte, tournoie, écume ; Et le cuivre et l'étain, dont l'âme alors s'allume, S'enlacent, fous d'amour, dans le cratère en feu. Ils bondissent en rut, éperdus, sans entrave ; Se tordent convulsifs et, panthères de lave, S'étreignent, délirants, dans la cuve qui bave; Leur baiser mord, rugit; leur voix gronde au dehors ”
