Résumé

Portrait de Pierre Quillard Pierre Quillard La lyre héroïque et dolente

Prends garde d'oublier les cieux songés, ô vierge:
L'amour à l'horizon de ta jeunesse émerge;
J'ai vu, dans l'Orient, l'invincible marcher.
LA JEUNE FILLE éperdue des paroles ouies et béante d'horreur mystique invoque, en balbutiant, Madame Marie qui sourit, doucement couronnée d'astres, au fond d'une fresque byzantine, et des cimes de l'azur tend les mains vers un vol d'âmes en peine: VENITE AD ME DILECTÆ MEÆ.
Je ne sais plus si c'est mon rêve que j'écoute,
Ou si la source en moi s'infiltre goutte à goutte
Qui ruisselle des luths et des psaltérions,
Et si j'entends le Diable ou les Anges.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Quillard Pierre Quillard La lyre héroïque et dolente

Et l'ombre s'effaça que j'ai voulu saisir,
Comme un pâle soleil qui sombre au flot nocturne,
Sans avoir accueilli mon baiser taciturne.
Mais voici que ta voix grave qui m'effrayait
Parle plus doucement à mon cœur inquiet
Et qu'après les assauts de la tempête rude
Des astres bienveillants dorent la solitude.
Donc j'entrerai sans peur dans la maison.
Salut,
Seuil, et que les haillons du passé révolu
S'envolent de ma chair au vent qui les emporte
Ainsi qu'un vain linceul d'où jaillit une morte
Pour renaître en splendeur de soleil exalté,
Belle de sa jeunesse et de sa nudité.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Quillard Pierre Quillard La lyre héroïque et dolente

Et, là-bas, j'oublierai, loin du jour et du ciel,
La bouche rouge des amantes. LE DIEU MORT A André Fontainas.
Une étoile, une seule étoile. O funérailles
Royales! solitude où la gloire mourait
Sur un bûcher perdu derrière la forêt,
A l'écart des drapeaux, du glaive et des batailles.
Le héros s'en allait sans pourpre, enseveli
Dans une soie éteinte et dans les tresses rousses
Des captives et des amantes: lèvres douces
Et voraces, vous qui buviez le sang pâli,
Vers quels baisers souriez-vous?
Source : Gutenberg

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