Paul Aeschimann, La terre et l'ange : poèmes (1945)
“ L'ange qui fit de moi sa demeure choisie Dort-il sournoisement pour que ma fantaisie Dont les jeux trop connus l'importunaient, ravisse Au ciel son infini, son fabuleux délice Au vent qui s'est couché sur des plaines fleuries ? Mais que vois-je du ciel, et quelles féeries Suaves où l'amour s'embaume à la jacinthe, Puis-je espérer d'un souffle, ô mon âme, ô mon hôte, Toi dormant dans ma chair comme une lampe éteinte ? Saurai-je même seul, puisque mon cœur en faute A mérité qu'un dieu se dérobe et sommeille, Trouver pour mon pardon l'aurore qui t'éveille ? ”
