Résumé

Francis Melvil Poèmes héroïques : oeuvres posthumes (1892)

« L'enfer n'a plus de joug, la mort n'a plus de glaive; L'élu plane au-dessus des embûches du sort, 0 frères! C'est pourquoi, quand la terre s'endort, Nous marchons jusqu'à l'heure où l'aurore se lève! »
II
0 pieux chevaliers, montrez-nous le chemin, Car dans le ciel fermé toute étoile est éteinte, Et sans doute un secours auguste et surhumain Peut seul guérir le mal dont notre âme est atteinte.
Un vent sinistre et froid a soufflé le flambeau Qui jetait sa lueur sur les pages du livre, Et la nuit est sur nous close comme un tombeau, Et nous n'entendons pas venir qui nous délivre.
Source : Gallica

Francis Melvil Poèmes héroïques : oeuvres posthumes (1892)

M ERLIN, le dieu prophète, est couché sur la mousse, Et l'obscure forêt s'étend autour de lui; Son aurore dernière à ses regards a lui ; L'enchanteur va plonger dans l'ombre épaisse et douce.
Il a vu le printemps de la terre, et ses mains Ont cueilli les fruits d'or des races fortunées; Né par delà les temps, il compte plus d'années Que ne compte de jours le plus vieux des humains.
Et les ans sur son front peuvent passer encore : Il est jeune toujours, comme lorsque au ciel bleu Brilla la première aube; il est prophète et dieu, Et d'un ardent amour Viviane l'adore.
Source : Gallica

Francis Melvil Poèmes héroïques : oeuvres posthumes (1892)

JULIETTE, sans voir Roméo.
Hélas !
ROMÉO.
Elle a parlé! Tout souvenir humain S'enfuit. Oh! parle encor, doux ange, je t'écoute.
Doux ange! c'est ton nom. Sous la nocturne voûte Tu m'apparais ainsi qu'un divin messager Qui glisse dans les airs, et qu'en son vol léger Suivent les yeux mortels pleins de crainte et d'ivresse.
JULIETTE, se croyant toujours seule.
Roméo! Roméo!. Noir destin qui m'oppresse!
Pourquoi te nommes-tu Roméo? Que ce nom Fatal soit rejeté par toi-même, sinon
Jure-moi de m'aimer toujours, et, pour réponse, Au nom de Capulet à jamais je renonce.
Source : Gallica

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