Jules-Emile Alaux

Résumé

Jules-Emile Alaux Un Fils du siècle, poème

Tout jour m'était soleil, tout ciel m'était serein ; Je riais à la nuit ruisselante d'étoiles, A l'aurore de l'ombre ouvrant pour moi les voiles, Au printemps, à l'automne, à toutes les saisons, Et l'âme épanouie en mille floraisons ! Je vivais sous tes yeux, sous ton sourire tendre, Fils heureux de te voir, ma mère, et de t'entendre, Sans regret du passé mi soin de l'avenir, Jouissant du présent que je croyais tenir, — Hélas ! il m'échappait ! — et je l'oubliais même, Comme on oublie à vivre avec ce que l'on aime ! O mon ami! Léon, Léon !
Source : Gallica

Jules-Emile Alaux Un Fils du siècle, poème

Que ma nuit s'illumine ! Astre, éclatante zone,
Dévoilé tes spendeurs, ô ciel: voici le trône,
Et sur le trône assis le Roi de l'univers !
Que votre gloire est grande, et dans vos cieux ouverts
Quel diadème , ô Roi, ceint vôtre tête altière !
Qu'est-elle auprès de vous, cette foudre si fière
Qui roule sur la nue, et, l'éclair à la main,
Poursuit en char de feu son sinistré chemin?
Que les noirs aquilons l'emportent ! Qu'elle rentre,
Vaincue et prisonnière, et s'éteigne en son antre!
Sa puissance à mon coeur n'inspire plus l'effroi,
Elle n'est rien : j'ai vu mon Seigneur et mon Roi !
Source : Gallica

Jules-Emile Alaux Un Fils du siècle, poème

Puissent aussi nos coeurs, du fond de leur poussière, Pleins de doute et d'angoisse et d'un trouble cruel, Vers Lui se retourner et regarder le Ciel !
Mais tant d'enfants d'un siècle atteint d'indifférence, Où des choses d'en haut ne vit plus l'espérance, Puissent-ils s'éveiller de ce calme, où l'on dort, Croyant vivre, un sommeil précurseur de la mort, Et sentir de tourments leur âme poursuivie, Qui ne sont pas la paix, mais du moins sont la vie! Mieux vaut un coeur malade aux battements confus, Que le calme glacé d'un coeur qui ne bat plus.
Source : Gallica

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