Résumé

Paul Gilbert Mithral, Chant épique. Protée, drame (1927)

Hélas ! plus je m'abîme en moi, plus je m'y perds ; L'Éternel se dérobe et je me désespère.
— Renonce, dit Mithral, à ces jeux inouïs.
Cesse d'interroger l'ineffable. Renonce.
Ton âme sans échos ne rend point de réponse.
Un soir peut-être, au fond du silence béant,
En place du chaos, tu verrais le néant.
Tel, dans le crépuscule, un fantôme engourdi, L'ascète étend un bras, puis l'autre, et se roidit. Comme un monstre expirant que la lumière achève, Un cauchemar se tord aux branches de son rêve ;
Enfin, dans un suprême effort, il sent faiblir L'extase, et lentement s'éveille du délire.
Source : Gallica

Paul Gilbert Mithral, Chant épique. Protée, drame (1927)

Un linceul de brouillard descend sur ces épaves
De l'espérance humaine et les ensevelit
Tout bas. Un jour commence. Un jour tombe à l'oubli.
Des groupes de chercheurs ont disparu. Peut-être
Sont-ils, par un détour, arrivés jusqu'au Maître ;
Peut-être ont-ils suivi, croyant s'en retourner,
La route sacrilège où marchent les damnés;
Peut-être ont-ils roulé dans l'abîme. Qu'importe ?
Si le Verbe a menti, tout en vain : l'âme est morte.
Parfois, pourtant, sur les récifs en archipel,
Des frères se font signe, au loin, et s'entr'appellent
Dans l'ombre.
Source : Gallica

Paul Gilbert Mithral, Chant épique. Protée, drame (1927)

Roulent comme des grains de sable, sous l'averse
Ardente qui les chasse et les grêlons de feu
Qui leur font grésiller la barbe et les cheveux.
Les voici, sous la brume, égarés, désunis,
Qui s'appellent en vain, de loin, dans l'infini.
Mithral est seul. Au fond, dans la nue, en tous sens,
Fusent des flèches d'ombre et des phosphorescences;
Et des arbres de feu, pleins d'une étrange sève,
Sur des rameaux d'encens portent des fleurs de rêve
Qui s'ouvrent aux rayons du Verbe et fructifient
Et fécondent la nuit de semences de vie.
L'homme entend, hors des temps, sonner l'heure éternelle.
Source : Gallica

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