Paul Gilbert, Mithral, Chant épique. Protée, drame (1927)
“ Hélas ! plus je m'abîme en moi, plus je m'y perds ; L'Éternel se dérobe et je me désespère. — Renonce, dit Mithral, à ces jeux inouïs. Cesse d'interroger l'ineffable. Renonce. Ton âme sans échos ne rend point de réponse. Un soir peut-être, au fond du silence béant, En place du chaos, tu verrais le néant. Tel, dans le crépuscule, un fantôme engourdi, L'ascète étend un bras, puis l'autre, et se roidit. Comme un monstre expirant que la lumière achève, Un cauchemar se tord aux branches de son rêve ; Enfin, dans un suprême effort, il sent faiblir L'extase, et lentement s'éveille du délire. ”
