Léon Dierx

Léon Dierx

Résumé

Portrait de Léon Dierx Léon Dierx Oeuvres complètes de Léon Dierx (1894-1896)

FABIEN, à part.
Quelle torture!
TULLIA.
Va! nous nous aimerons d'un amour jamais las!
FABIEN.
Nous aimer!
Il se recule. — A part.
Insensés! Entre nous deux, hélas!
Se dresse un souvenir que vainement je raille.
Entre nous deux je sens s'épaissir la muraille Où, debout sur l'oubli, l'orgueil veillait, gardien Des glaces de son cœur et des brasiers du mien!
Élans tardifs! Derrière un rempart tutélaire, Lâches élans ! dormez ! Sans plainte et sans colère, Redresse-toi sur eux, fierté dont je m'armais !
Rien ne peut plus renaître entre nous désormais.
Source : Gallica

Portrait de Léon Dierx Léon Dierx Oeuvres complètes de Léon Dierx (1894-1896)

Eh bien ! ta délivrance est à présent prochaine !
Il est d'horribles coups frappés si faussement, Que ce n'est plus le cœur, cette fois, mais la chaîne Qui se brise et qui tombe avec l'affreux tourment.
Cette femme te jette un linceul de tortures Tissé des longs espoirs qu'en secret nous gardons; Fait de tes désespoirs désormais sans pâtures, Jette-lui sur l'épaule un manteau de pardons!
Que ton rêve agonise en un cri de victoire !
Toi, pour sourire encore à l'aspect du ciel bleu, Ramasse ton orgueil et, libre, fais-toi gloire D'être sorti debout des cavernes d'un Dieu !
Source : Gallica

Portrait de Léon Dierx Léon Dierx Oeuvres complètes de Léon Dierx (1894-1896)

C'est assez pour changer en chansons les blasphèmes !
Et pour avoir pressé le néant sur ton cœur, Tu croiras au bonheur!
LE TOSSÉDÉ
L'ANGOISSE d'un remords, tu ne la connais pas, Un regret tendrement ne t'a jamais mordue, Et tu m'es pour toujours taciturne et perdue Sans qu'un seul souvenir ait chanté sur tes pas.
Je sais que le soleil s'éteindra dans l'espace Avant que se rallume un éclair sous ton front, Et je sais que les morts à la fois renaîtront Avant que ton oubli pour un instant s'efface.
Source : Gallica

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