Frédérick Juncker, Le Culte, poésies (1899)
“ QUE le lointain rappel des temps qu'on a vécu Près d'une femme aimée, aussi belle que bonne, Soit la source des pleurs auxquels on s'abandonne Quand courbé sous le deuil, on reste convaincu Que le cycle d'amour qui garde notre ivresse A clos tout le bonheur de celte vie à deux ; Il n'en reste pas moins, sous le masque hideux De la mort, un rayon qui doucement caresse Le vague d'un passé qu'on cherche à rajeunir En mouillant du regret les images absentes : Car les larmes du coeur sont les eaux bienfaisantes Qui font éclore en nous la fleur du souvenir. ”
