Résumé

Jean-Marie-Paul. Épaves poétiques… (1931)

Oui ce rêve était là, devant moi, sur la Terre,
Et sa réalité bourrelait ma misère.
Quoi ! ce rêve si haut, rêve même des deux,
Ce bonheur inouï que convoitent les dieux, Un mortel comme moi, en goûtait l'alicante Et moi, je conservais, une soif dévorante ! J'ai cependant aussi, l'esprit de m'élever,
Des sens pour désirer, un coeur chaud pour aimer, Je sens mon sang aussi, bouillonner de jeunesse, Et, au fond de mon moi, des besoins de tendresse, Mais, pour être perdue, en le brutal courant,
A côté du bonheur, ma vie erre en souffrant.
Source : Gallica

Jean-Marie-Paul. Épaves poétiques… (1931)

C'est pourquoi, quel que soit l'empire d'un tyran, L'Amour sera toujours le dernier conquérant ; Et c'est pourquoi malgré la haine inassouvie,
Nous pouvons, en tous lieux, voir triompher la Vie.
C'est pourquoi, toi chrétienne et moi qui suis païen. Ressentons, cependant, entre nous, un lien ;
C'est que l'amour divin nous unit par sa flamme Et que je suis un homme et tu es une femme.
Que je t'aime Abella et que je sens ton coeur Etre, par cet amour, et vaincu et vainqueur.
Tu m'as compris chérie et ton front de madone Au nom du Dieu d'amour à mon baiser se donne...
Source : Gallica

Jean-Marie-Paul. Épaves poétiques… (1931)

Pourrai-je, loin de vous, laisser vivre mon âme ? Pourrai-je sans mourir, laisser mourir ma flamme ? Où chercher d'oublier d'aussi heureux appas ? Non, non, je ne pourrai, je ne le pourrai pas. Car, quel que soit l'endroit où le destin m'exile, Ou campagne, ou désert, hameau ou grande ville, Il m'importe fort peu où s'en iront mes pas,
Tout lieu sera désert si vous n'y êtes pas.
Pour moi, le beau soleil n'aura que des ténèbres, Et le ciel azuré, que des clartés funèbres ;
Et tout ce qui égaye et tout ce qui ravit Ne pourra contenter mon coeur inassouvi.
Source : Gallica

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