Charles Maire

Résumé

Charles Maire Rimes d'automne (1892)

Mais c'est un souvenir d'amour immatériel Qui parle à ma pensée et que mon coeur épure, C'est le besoin d'aimer, cantique universel, Dont ma bouche à présent épelle le murmure. Dans mon pèlerinage à travers le réel, Mon regard a cherché sans cesse l'arc-en-ciel, Et lorsque j'ai souffert, c'est toujours la nature Dont la vue a pris soin de guérir ma blessure. Le bonheur, quel qu'il soit, ne peut se retenir, En peu de temps tout se transforme en souvenir, Les rêves que l'on fait un rêve les prolonge, Dans le monde il n'est rien qui dure...
Source : Gallica

Charles Maire Rimes d'automne (1892)

C'est l'inconnu qu'on cherche et qu'on veut à tout prix Pour émouvoir le coeur et contenter l'esprit, Et l'homme à sa poursuite épuise dans sa course Bien souvent sa santé, son bonheur et sa bourse. L'inconnu, c'est le songe éveillant le désir, L'objet dont chacun aime à caresser l'image. C'est parfois une crainte et parfois un soupir, Mais, bien certainement, c'est toujours un mirage. Il est pour les mortels le frère de l'espoir, L'aiguillon du plaisir et la source du rêve, C'est ce que le matin réserve pour le soir, Ce qui fit dans l'Éden la tentation d'Eve.
Source : Gallica

Charles Maire Rimes d'automne (1892)

Le mal qui le possède est sans soulagement, C'est une large plaie à son coeur attachée Dont nul ne peut guérir la souffrance cachée : Ce mal incurable est le découragement. Ses enfants ne sont plus, sa fortune est partie, L'amitié l'a trahi..., longtemps il a lutté, Ses forces sont à bout, une morne inertie Le courbe sous le joug de l'infélicité. Il a beau regarder comme après un naufrage, Au delà du présent il n'espère plus rien, Tout effort a d'avance épuisé son courage Et dans ce qu'il aimait il n'a plus de soutien.
Source : Gallica

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