Frédérick Juncker

Élements biographiques

Frédérick Juncker Le Culte, poésies (1899)

QUE le lointain rappel des temps qu'on a vécu Près d'une femme aimée, aussi belle que bonne, Soit la source des pleurs auxquels on s'abandonne Quand courbé sous le deuil, on reste convaincu
Que le cycle d'amour qui garde notre ivresse A clos tout le bonheur de celte vie à deux ; Il n'en reste pas moins, sous le masque hideux De la mort, un rayon qui doucement caresse
Le vague d'un passé qu'on cherche à rajeunir En mouillant du regret les images absentes : Car les larmes du coeur sont les eaux bienfaisantes Qui font éclore en nous la fleur du souvenir.
Source : Gallica

Frédérick Juncker Le Culte, poésies (1899)

LE CULTE 10
SAIS-TU ?
QUAND le soleil à ma fenêtre, Dans les fraîcheurs du gai matin M'éveillant, fait soudain renaître Mon deuil si proche et si lointain ; Le coeur comme percé d'un glaive, Sais-tu, ma pauvre morte, à quoi Je pense quand le jour se lève ? Je pense à toi !
Quand, à toute heure, an bruit de vie M'emporte dans son mouvement, Parle à mes sens, et me convie A m'y plonger étourdiment ; L'âme de chagrin retournée, Sais-tu, ma pauvre morte, à quoi Je pense toute la journée ? Je pense à toi ?
Source : Gallica

Frédérick Juncker Le Culte, poésies (1899)

Combien malgré la mort qui, maintenant, me laisse Dans mon isolement, mon deuil et ma faiblesse, J'éprouve, en te pleurant, de calme relatif A demeurer de toi le bienheureux captif; A sentir que le culte aimé que je te donne, Comme l'encens qui monte aux pieds d'une madone. Est pur de tout mélange, et peut superbement T'apporter de mon coeur le vierge sentiment. Tu n'as pas de rivale, et ma sainte prière Ne craint pas que, soudain, de quelque aventurière Le souvenir lascif se dresse à mes côtés, Pour mêler sa luxure à tes chastes beautés.
Source : Gallica

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