Henri de Régnier,
Revue des Deux Mondes
“ Ou par le pan usé de mon manteau d’exil. Dieux démens, détournez le mal et le péril De l’ingrate cité qui me mord au jarret ! La ville ne vaut pas la mer et la forêt ; Et, proscrit vagabond que le vent déracine, J’aurai l’aube charmante et l’aurore divine Qui me consoleront de l’ombre où je m’en vais ; Et, si le sort s’acharne à mon destin mauvais, Je pourrai, pour ma bouche amère, sèche, et lasse De cette solitude où mon pas se harasse, Cueillir, sans peur, un soir, la jusquiame velue, La noire belladone, ou la verte ciguë. ”
