Georges Rodenbach,
Les Vies encloses
“ Les mains qui sont un peu notre âme faite chair ! Mains modestes, mains calmantes, mains magnétiques, Pâles d’avoir semé des fluides dans l’air. Mains de pardon sur les péchés, ou mains de proie Sur les cheveux, ainsi que des chauves-souris, Les emmêlant d’un vol qui tournoie et foudroie. Mains comme des bouquets, et mains comme des cris ; Ô mains non moins spirituelles que charnelles ! Les mouvements sans fin de l’âme sont en elles, Transmis en un instant, avec quels fils ténus ! Mains dociles en qui des ordres sont venus Dont elles sont les très ponctuelles servantes ”
