Louis Bertrand,
Revue des Deux Mondes
“ Être tendre, comme Augustin l’était alors, ce n’est pas seulement sentir avec une sensibilité excessive les moindres blessures, les touches les plus légères de l’amour ou de la haine, ce n’est pas seulement se donner avec effusion, c’est se complaire dans le don de soi-même, c’est éprouver qu’au moment où l’on se donne, on communie avec quelque chose d’infiniment doux, qui n’est déjà plus l’être aimé. C’est l’amour pour l’amour, c’est pleurer pour la volupté des larmes, c’est mettre dans la tendresse une sorte de dilettantisme égoïste. Augustin, ayant perdu son ami, prend le monde en aversion. ”
