Salammbô

Définition et enjeux

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert Salammbô

L'esclave alluma les parfums. Salammbô regarda l'étoile polaire; elle salua lentement les quatre points du ciel et s'agenouilla sur le sol parmi la poudre d'azur qui était semée d'étoiles d'or à l'imitation du firmament. Puis, les deux coudes contre les flancs, les avant-bras tout droits et les mains ouvertes, en se renversant la tête sous les rayons de la lune, elle dit:
«—O Rabbetna!... Baalet!... Tanit!»
Source : Gutenberg

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert Salammbô

Salammbô était envahie par une mollesse où elle perdait toute conscience d'elle-même. Quelque chose à la fois d'intime et de supérieur, un ordre des Dieux la forçait à s'y abandonner; des nuages la soulevaient; en défaillant, elle se renversa sur le lit dans les poils du lion. Mâtho lui saisit les talons, la chaînette d'or éclata, et les deux bouts, en s'envolant, frappèrent la toile comme deux vipères rebondissantes. Le zaïmph tomba, l'enveloppait; elle aperçut la figure de Mâtho se courbant sur sa poitrine.
Source : Gutenberg

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert Salammbô

Salammbô, en rougissant, roula autour de ses jambes les deux tronçons de la chaîne d’or.
Carthage, Mégara, sa maison, sa chambre et les campagnes qu’elle avait traversées tourbillonnaient dans sa mémoire en images tumultueuses et nettes cependant. Mais un abîme survenu les reculait loin d’elle, à une distance infinie.
L’orage s’en allait ; de rares gouttes d’eau, en claquant une à une, faisaient osciller le toit de la tente.
Mâtho, tel qu’un homme ivre, dormait étendu sur le flanc, avec un bras qui dépassait le bord de la couche.
Source : Wikisource

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