“ Il hâte le pas, et s’approche de Gustave qui, la vue toujours fixée sur la fenêtre, ne le voit pas arriver. — Mais regarde donc de ce côté, cher enfant, dit le vieillard avec émotion. Gustave se retourne vivement et aperçoit la figure vénérable de celui qu’il aimait tant. — Ah ! cher grand-père, s’écrie-t-il en se jetant dans ses bras. Le noble vieillard le tient longtemps serré contre son cœur ; sur sa figure se lit la joie qu’il éprouve. Enfin il dit à Gustave : — Comme tu as grandi ! Et que ta grand’mère va être heureuse de te voir ! ”
Gustave
Définition et enjeux
Le nom de Gustave parcourt la littérature comme un personnage emblématique de l’émotion et de la métamorphose. Dès les premières pages de Gustave d’Alphonse Thomas, il apparaît comme un jeune homme en quête de sens, traversant des épreuves affectives ou spirituelles.
Sophie Gay le place dans des situations tragiques, où il incarne la passion ou la dévotion, tandis qu’Henri Conscience le présente comme un appui indéfectible pour les autres. Ces approches variées, allant du drame au lyrisme, révèlent un personnage versatile, lié à des thèmes comme l’amour, la spiritualité ou la jeunesse.
Citations sur “Gustave”
Henri Conscience, Revue des Deux Mondes
“ Gustave est plus fort que moi pour chasser la tristesse qui obscurcit parfois votre front ; vous vous promènerez, vous causerez, vous chasserez, vous serez heureux avec lui ; il vous aimera comme un fils, il vous vénérera, il vous entourera des plus tendres soins ; son seul souci sur la terre sera de vous rendre heureux, parce qu’il sait que votre bonheur fait le mien, et moi, je le récompenserai de son dévouement ; je parsèmerai sa route des plus belles fleurs d’une âme reconnaissante. Oh ! oui, nous vivrons tous ensemble alors dans un paradis de joie et d’amour ! ”
Sophie Gay,
Les Malheurs d’un amant heureux
(1818)
“ Toutes portaient des branches d’orangers. À la vue de ces rameaux fleuris, au parfum qu’ils répandent, Gustave frisonne ; mais les chants redoublent, le lit funèbre approche, une femme parée y repose ; et ce riche vêtement qui la couvre, cette guirlande de myrte qui retient ses cheveux, là chaîne d’or qui brille sur son sein, tout est reconnu. Gustave s’écrie : C’est elle ! et il s’élance au milieu du cortége ; les femmes, épouvantées, s’enfuient en jetant des cris perçants : son cheval en est effrayé ; il se cabre, le renverse, et Gustave va tomber mourant sur le parvis de la cathédrale. ”
