Emmanuel de Lerne

Résumé

Emmanuel de Lerne Sorcières blondes (1853)

En songeant à vous, Paul, j'ai pleuré bien souvent,
— Renoncer à la gloire! murmurait-il anéanti, la tête penchée sur sa poitrine.
— Que vous fait la gloire, si vous m'aimez? moi, je suis jalouse de la gloire. L'amour de la gloire, d'ailleurs, mène à l'ambition, et l'ambition ne conduit point au bonheur'. Et puis, c'est pour moi, dites-vous, que vous enviez cette gloire? eh bien! je crois en votre talent, Paul; je crois à votre avenir; la réputation que vous cherchez, vous pouvez l'atteindre. Mais je vous en demande le sacrifice, au nom de l'affection, que je vous ai donnée.
Source : Gallica

Emmanuel de Lerne Sorcières blondes (1853)

DEUX NUITS D'ETE. 19
il va briser la vie, c'est son propre bonheur qu'il va détruire. Une personne, une seule, peut, par son dévouement, le rendre à son père, à sa famille, à ses devoirs et à lui-même. Maintenant, Jeanne, savez-vous ce que je réclame de vous?
Madame Delaunay resta muette, les yeux fixés à terre, abîmée dans sa douleur.
— Si vous aimez Gaston, Jeanne, si vous l'aimez, il faut le sauver, reprit M. de Meillan.
— Et, pour le sauver, il faut renoncer à son amour, n'est-ce pas? murmura-t-elle ; il faut rompre la parole que je lui ai donnée; il faut m'éloigner, fuir loin de lui.
Source : Gallica

Emmanuel de Lerne Sorcières blondes (1853)

La maladie cessa bientôt; la santé du corps revient si vite quand l'âme ne souffre plus! Enfant crédule, femme aimante, elle reprit espoir en l'avenir et se laissa bercer par des rêves d'un nouveau et mutuel bonheur. Et quand, assis sur la terrasse entourée d'orangers, aux chants des oiseaux dans le feuillage, en face de la mer et du ciel, elle voyait Gaston sourire à ses côtés :
— 0 mon ami! disait-elle, je suis heureuse! Oui, j'ai cruellement souffert de vous voir souffrir; j'ai regretté d'avoir cédé à mon amour. Aujourd'hui, je ne regrette rien, je ne souffre plus.
Source : Gallica

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