Résumé

Fortunio La Lionne amoureuse, par Fortunio (1864)

Etre la femme de M. Marcel, c'est presque trop beau pour se réaliser ; mais devenir l'autre chose que vous avez dite, ce serait trop affreux povu n'être pas encore plus impossible ! Voyons, pourquoi me livrer sans défense, en même temps, à deux rêves, dont l'un est si brillant, l'autre si horrible?...
— Ce ne sont pas des rêves, Gilette, car mon amitié ne vous fera jamais entendre que la vérité. Marcel vous aime, et c'est son amour pour vous qui l'a conduit à Rome. Trop honnête homme pour vous ouvrir son coeur avant de pouvoir vous dire : « Voici ma main, la voulez-vous ? »
Source : Gallica

Fortunio La Lionne amoureuse, par Fortunio (1864)

C'était Gilette qui, accourant joyeuse et suivie de M. Georges, venait d'arriver, et s'était arrêtée, glacée d'épouvante, sur le seuil de l'atelier, en voyant Marcel commettre le sacrilège dont il frémissait encore luimême.
Par un geste désolé et suppliant, elle tendit vers lui ses deux bras désespérés, comme pour demander grâce ; puis elle le vit chanceler, porter une main à son coeur, par un suprême effort, et tomber à côté de sa statue brisée, en murmurant :
— Je savais bien que le coup qui la frappait me frapperait aussi : l'artiste doit mourir avec son oeuvre, l'amant avec son amour!
Source : Gallica

Fortunio La Lionne amoureuse, par Fortunio (1864)

L'amoureux poétise toujours, parce que l'amour, comme la poésie, est d'essence divine, tandis que le poëte peut ne pas aimer!
— Bah! il aime au moins la poésie?
— Sans doute !
— Eh bien ! ne disais-tu pas que l'amour et la poésie se ressemblent?... Ce sont deux diamants, tombés de la couronne divine, et tout homme qui aime est un poëte !...
— Tu as raison, Gilette, toujours raison!
— Ne sens-tu pas tout chanter en toi? N'as-tu pas, dans le coeur, comme deux oiseaux divins qui roucoulent un hymne joyeux? Ton âme ne nage-t-elle pas dans un océan de félicités?
Source : Gallica

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