Résumé

Portrait de Alfred Delvau Alfred Delvau A la porte du paradis ; Ma première leçon de boxe… (1892)

Au matin, Hans était encore plongé dans ces méditations douloureuses.
La fenêtre était ouverte : Hans vint s'y accouder, rêveur, et regarda dans le lointain, par l'é-chancrure du toit, les grasses prairies des bords de la Senne, du côté d'Anderlecht.
— Toute ma vie est là! murmura-t-il avec mélancolie; tout mon bonheur est là, au bout d'un regard ! Mon bonheur? Un rêve, une fumée bleue ! Elle s'évanouit, il disparait!... La nuit se fait de nouveau dans mon coeur: le vide se fait de nouveau dans ma cervelle. Je m'étais attaché à un devoir : le devoir se fait cruel au lieu de se faire doux.
Source : Gallica

Portrait de Alfred Delvau Alfred Delvau A la porte du paradis ; Ma première leçon de boxe… (1892)

Je veux que ma mère le soit aussi, reprit Hans. Ma mère, pauvre chère martyre qui désespère de la vie, qui doute de Dieu et de moi, parce qu'elle doute du bonheur... Elle est fatiguée d'attendre, parce qu'elle a attendu trop longtemps... Ah ! Nell! mon coeur se brise à cette idée... A quoi peut-elle se raccrocher dans la vie, en effet ? Toutes les tendresses lui manquent, excepté la mienne, dont elle ne fait pas un grand cas parce qu'elle ne se prouve pas assez. Elle n'espère plus rien, elle n'attend plus rien. Comme elle n'est pas dévote, Dieu ne peut rien pour elle.
Source : Gallica

Portrait de Alfred Delvau Alfred Delvau A la porte du paradis ; Ma première leçon de boxe… (1892)

Pourquoi t'es-lu envolée, bel oiseau bleu de ma jeunesse, dont le gazouillement réjouissait tant mes oreilles et mon coeur?...
Pourquoi n'as-tu pas eu la patience d'attendre ? Pourquoi n'as-tu pas eu foi en moi ? Pourquoi as-tu douté de mon avenir ? L'avenir est venu, doré sur toutes les tranches, comme l'existence du roi Midas, depuis les plats de ma table jusqu'aux harnais de mes chevaux, et si tu étais là maintenant, au lieu d'être ailleurs — où tu n'es peut-être pas bien, — tu serais la plus heureuse des femmes, parce que la plus enviée... Mais non!
Source : Gallica

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