Résumé

Eugène van Bemmel Marc Bruno, profil d'artiste, par Félix Thyes… (1855)

Ma mère, une sainte et courageuse femme, cellelà, m'avait entouré d'une atmosphère si aimante que mon coeur s'était éveillé dès l'enfance, et que j'eus pour Marie, dans un âge où d'ordinaire on n'est susceptible ni de comprendre, ni de ressentir l'amour, une véritable passion. Je l'aimai longtemps sans oser lui parler, tremblant et honteux à sa vue. Ma mère surprit le secret d'un sentiment prématuré dont la violence avait mis mes jours en danger. Ma mère était un ange; elle comprit tout. Elle me conduisit chez les parents de Marie.
Source : Gallica

Eugène van Bemmel Marc Bruno, profil d'artiste, par Félix Thyes… (1855)

Oh ! Marc ! si la mort pouvait parler, la terre ne serait bientôt peuplée que de sépulcres.
— Vierge du Nil — répondit sans étonnement le jeune homme dans ce même langage musical, — les affections de ce monde sont amères comme le poison. Tu es plus belle qu'un rêve et plus pure qu'une étoile; mais j'ai aimé, et j'ai brisé mon coeur comme un cristal précieux.
Une larme roula, semblable à un diamant liquide, sur le visage attristé de la prêtresse d'Osiris.
— Tu as brisé ton coeur comme un cristal précieux, mais ses éclats se réuniront pour souffrir encore.
Source : Gallica

Eugène van Bemmel Marc Bruno, profil d'artiste, par Félix Thyes… (1855)

Cela serait ainsi si l'homme était parfait. Mais, termina Marc en se levant, l'homme est la seule chose vicieuse de la création, et là était l'erreur,
Je fis un geste de dénégation.
— Tu crois l'homme bon, toi, dit-il avec un ricanement singulier;—c'est que tu n'as pas encore assez souffert. Tu crois, n'est-ce pas? à une âme faite à l'image de Dieu. L'âme, vois-tu, c'est un bout de chandelle dans une lanterne sourde ; ce bout de chandelle se croit un soleil fait pour éclairer la création.
Source : Gallica

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