Résumé

Portrait de Georgiana Fullerton Georgiana Fullerton La comtesse de Bonneval : histoire du temps de Louis XIV (1857)

Quand le comte de Bonneval lui baisa la main, elle rougit et dit d'une voix claire, quoique un peu émue :
— Mon cousin, je rends grâce à Dieu de votre heureux retour et du bonheur de madame votre mère.
— Vous êtes aimable, ma cousine, répondit le comte en souriant, d'appeler mon retour heureux : il ne peut l'être que pour moi et pour quelques amis d'enfance. Mes quarante ans... un long exil...
— Mon cousin, interrompit Judith, les exploits sont toujours jeunes, et les hommes tels que vous n'ont que l'âge de leur mérite.
M. de Bonneval s'inclina avec un geste à la fois noble et gracieux
Source : Gallica

Portrait de Georgiana Fullerton Georgiana Fullerton La comtesse de Bonneval : histoire du temps de Louis XIV (1857)

On faisait des vers à sa louange; il était à la mode! Le régent s'amusait de ses bons mots, de ses chansons, de ses histoires ! Il allait partout; partout il faisait fureur, au Luxembourg et à Sceaux, dans le salon de madame de Saint-Lambert, comme aux orgies du Palais-Royal.
Sa fiancée ne le voyait que de temps en temps. Son coeur alors s'ouvrait à la joie, puis bientôt se refermait, avec une sensation qui ressemblait déjà à la douleur. La pauvre enfant ! c'est qu'elle aimait à présent dans toute la force de la réalité l'être dont jusqu'alors elle n'avait aimé que le nom et la gloire.
Source : Gallica

Portrait de Georgiana Fullerton Georgiana Fullerton La comtesse de Bonneval : histoire du temps de Louis XIV (1857)

C'étaient les stances de Jean-Bâptiste Rousseau sur la bataille de Péterwaradin. D'une voix émue, Judith lut ces vers que madame de Bonneval avait soulignés :
Quel est ce nouvel Alcide, Qui seul, entouré de niorts, De cette foule homicide. Arrête tous les efforts? A peine un fer détestable Ouvre son flanc redoutable, Son sang est déjà payé.
— Ah! mon Dieu! s'écria Judith, en laissant tomber le papier, et couvrant son visage de ses mains; puis, relevant la tête d'un air fier et joyeux, elle tendit les bras à la marquise et s'écria : Ah! que vous devez être heureuse! Tant de gloire!
Source : Gallica

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