Antoinette Dupin

Résumé

Antoinette Dupin Marguerite. Tome 1 (1836)

Protégez-moi dans ce monde où je pénètre avec tant de douleurs ignorées jusqu'à ce jour; et jamais un reproche ne passera mes lèvres. Qui sait même si je ne serai pas heureuse ? car enfin l'amour d'un homme peut bien être séparé d'une destinée de femme.
— Il t'aimera, s'écria Marguerite.
— Et moi je ne voudrai pas de son amour, répondit-elle en s'entourant de cette insouciance sous laquelle les femmes réussissent souvent à cacher les déchiremens de coeur.
— Ne vous irritez pas l'un l'autre, reprit Marguerite; monsieur d'Argèles ne saurait être injuste plus long-temps. Et vous, Clémence ?
Source : Gallica

Antoinette Dupin Marguerite. Tome 1 (1836)

L'agitation avait éveillé la jeune fille de bonne heure, Tanneguy allait venir. Et la naïve coquetterie de coeur de Clémence s'inquiétait de l'impression qu'elle ferait sur lui. Je voudrais être calme, se disait-elle ; mais, comme toujours, ma volonté, sera sans puissance. Puis légère et frivole, elle ne rêva plus que promenades à deux et douces causeries. Sa chaste pensée s'arrêta là. Prendre un mari, c'était pour Clémence avoir un être de plus à aimer sur la terre. Que savait-elle de la vie ? Que savaitelle des passions ? Nul regard brûlant n'avait troublé la sainte pudeur de son ame.
Source : Gallica

Antoinette Dupin Marguerite. Tome 1 (1836)

N'est-il pas vrai, Marguerite , que j'allais courir chez mon père?
— Je te crois, ma fille; mais moi j'avais hâte de t'embrasser. Viens , Clémence.
Elle se jeta dans les bras qui venaient de s'ouvrir.
— Demain commencera pour toi une nouvelle vie. Tu auras à accomplir des devoirs que ton coeur t'enseignera bien mieux que mes paroles ne pourraient le faire. Aime ton mari, ma fille, aime-le ; toutes les vertus découleront de ce sentiment. Va, la destinée d'une femme, quand elle est réalisée , est une haute, une enviable destinée.
Source : Gallica

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