Résumé

Zélia Long Le Génie du cimetière : conte fantastique (1851)

Mais au moment où il se disposait à quitter le cimetière, un corbillard lui barra le passage, et de ce corbillard sortit un cercueil recouvert d'un drap en cachemire blanc sur lequel était déposée une couronne de roses blanches, de myrte et de pensées.
— C'est une jeune fille, dit Raoul en se tournant vers le vieillard.
— Seize ans, répondit celui-ci.
Seize ans, c'est l'âge de Marguerite,... et le coeur du jeune homme bat avec violence,... des larmes voilent ses yeux.... Oh! s'il pouvait enlever à la mort, avant qu'elle descendît dans la tombe, tant de jeunesse et de beauté !
Source : Gallica

Zélia Long Le Génie du cimetière : conte fantastique (1851)

Debout, appuyé contre un monument funèbre, les yeux baissés vers la terre, Raoul devançait par la pensée le jour où il rendrait un père à son fils, une fille à sa mère, lorsqu'un gémissement sourd, inarticulé, un de ces gémissements qui sont le vrai cri du coeur, vint frapper son. oreille ; il relève la tête et voit défiler près de lui un solennel et long cortège; ému par ce spectacle, il cherche des yeux le Génie qui, comprenant sa muette interrogation, lui dit :
— Une femme de vingt-deux ans, morte en couche, son enfant l'a précédée d'un jour à la place où on la dépose maintenant.
Source : Gallica

Zélia Long Le Génie du cimetière : conte fantastique (1851)

Cette lettre apprenait à Raoul qu'il n'avait plus de père, que la maison ou s'était écoulée son enfance était louée à des étrangers, et que ses deux soeurs attendaient sa visite l'une à Carcassonne et l'autre à Perpignan.
Ce coup aussi cruel qu'inattendu rendit Raoul au sentiment de la vie réelle : il sortit du domaine des rêves, des conjectures et des suppositions pour pleurer sur une triste réalité, et pendant deux ou trois jours, tout entier à la douleur filiale et aux souvenirs de son enfance, il repoussa les pensées d'amour qui venaient encore l'assiéger.
Source : Gallica

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