Étienne Marcel

Résumé

Étienne Marcel Souvenirs d'une jeune fille (1869)

Oui, tu es bonne et tu m'aimes, moi, pauvre vieillard, pauvre abandonné.... Il te faudra du courage pour me quitter, pour quitter cette maison, pour te retrouver orpheline et seule, dans ce monde que tu connais si peu, et qui est si froid et si dur pour les affligés, pour les orphelins et pour les femmes!
— Comment!... vous quitter!... Moi, mon oncle?... Oh! vous ai-je offensé, sans le savoir? Ne m'aimeriez-vous plus ?... m'écriai-je, saisie d'une douleur bien vive.
— Mon enfant, comment ne t'aimerais-je pas, toi, ma compagne, ma consolation, ma fille?
Source : Gallica

Étienne Marcel Souvenirs d'une jeune fille (1869)

Jamais, jamais je n'avais songé au mariage jusqu'à ce jour, et voici qu'on m'en parlait sèchement, froidement, cruellement, comme d'un trafic, comme d'une affaire, comme d'une aumône peut-être, et qu'on arrangeait si légèrement mon avenir lointain, ma pauvre jeune vie, en face de ce comptoir de modiste, au milieu de ces coffres de dentelles et de cet étalage de chiffons ! J'étais humiliée, désabusée, affligée, confondue. Dès à présent j'étais une chose inutile, un fardeau pour mon oncle; peut-être aussi serais-je un jour un fardeau pour un mari.
Source : Gallica

Étienne Marcel Souvenirs d'une jeune fille (1869)

Mon oncle, mon pauvre oncle, lui qui m'a recueillie, lui qui m'a protégée ; c'est bien de lui qu'il s'agissait en effet; c'était pour son bonheur, pour son honneur, pour son repos, qu'il fallait subir une grande épreuve, accomplir un sacrifice. Oh! si j'avais été riche, je lui aurais avec joie, sans hésiter, offert, donné, consacré toutes mes richesses. Mais, comme je n'avais pas d'or, il fallait lui sacrifier mon coeur! Adieu, adieu, ô belles et chères espérances ; adieu, promesses d'avenir; adieu, ami de ma jeunesse... Il ne faut pas laisser les vieillards à la ruine, à l'abandon
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature