Résumé

Clémence La Lire Trop et trop peu, par Mme Clémence Lalire (1838)

On n'étouffe point la vertu au fond du coeur, on l'endort. La nature a ses droits, la société les siens. Ni l'une ni l'autre ne les abandonnent ; tôt ou tard, elles font entendre leurs voix puissantes et l'on obéit. Une année d'amour et d'extase n'est rien, un siècle de remords peut l'effacer ? Le bonheur est rapide, on ne compte pas les jours qu'il donne ! Ceux de la douleur et de la honte sont éternels; et Roger d'un mot allait rallier le passé à l'avenir, les confondre et ne faire de cette vie menacée qu'une longue suite de joies et de félicités.
Il se rendit chez Ionild.
Source : Gallica

Clémence La Lire Trop et trop peu, par Mme Clémence Lalire (1838)

Il connaissait assez l'esprit faible et irrésolu de Ionild pour être persuadé qu'elle lui appartiendrait, s'il voulait user de son ascendant sur elle. Mais il ne voulait pas que des larmes de remords et de honte vinssent marquer ses premiers pas dans la route de la liberté ; il ne voulait pas qu'un homme trompé dans ses affections les plus chères, malheureux par lui, pût lui demander compte un jour de ses joies et de son bonheur perdus. Il s'était donc juré de ne jamais confier à Ionild , l'amour qu'il avait eu et qui l'agitait encore.
Source : Gallica

Clémence La Lire Trop et trop peu, par Mme Clémence Lalire (1838)

Ma bonne amie, je pense, qu'une femme simple et réellement aimante, trouve ses joies dans l'estime et la tendresse de son mari, sans chercher toutes ces subtilités de sentimens qui sont bonnes tout au plus à occuper l'imagination du poète et à lui fournir des matériaux pour son premier ouvrage. Le bonheur, vois-tu, c'est la certitude d'avoir fait réciproquement son devoir ; c'est la pensée d'être pour quelque chose dans la vie d'une autre personne ; c'est, pour ainsi dire, l'orgueil d'être utile, d'avoir la puissance de donner quelques joies autres que les joies ordinaires.
Source : Gallica

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