Joseph Jozeau

Résumé

Joseph Jozeau Elena, par Joseph Jozeau (1839)

Oui, c'est là tout mon crime ; j'ai cru à vos paroles, j'ai cru à votre franchise , j'ai cru à votre amour. C'est moi qui suis coupable, et c'est vous qui êtes la victime. C'est moi femme d'Italie, créature faible, impressionnable, toute imagination, qui aurais dû résister au penchant qui nous entraînait l'un vers l'autre ; et vous, homme, né sous un ciel brumeux, habitué à l'étude et à la méditation, vous n'avez rien à vous reprocher ; vous étiez parfaitement dans votre droit, et, selon vous, c'est en amour comme à la guerre , malheur aux vaincus !
Source : Gallica

Joseph Jozeau Elena, par Joseph Jozeau (1839)

Pourtant j'ai de sombres moments de doute et je veux en vain me reprendre à l'espérance et à la vie. Je suis comme le lierre qui reste encore vivant à l'arbre mort ; car Juliana n'existe plus pour moi. Comme le chêne, elle a été frappée de la foudre; et je crains que la foi, comme la sève du lierre, ne se dessèche dans mon coeur; et nul autre ne pourra remplacer le chêne. Oh mon ami, que devenir, que devenir ?
cependant, victime, je ne médite pas de vengeance; martyr, je ne renie pas ma religion ; ange déchu, je ne renonce pas à mon Dieu.
Source : Gallica

Joseph Jozeau Elena, par Joseph Jozeau (1839)

Elle se nomme Eléna et touche à sa dixseptième année. Jamais jeune fille n'a mieux donné l'idée d'un ange; et si la pureté du visage, si la sérénité du regard sont les reflets de l'âme, jamais plus belle âme ne fut enveloppée de formes plus ravissantes. Je ne voudrais pas la parer d'une perfection qui n'existe pas sur la terre; je ne vois cependant rien qui puisse faire tache au portrait que j'essaie de vous donner ; et c'est uniquement en artiste que je vous en parle. J'ai dans le coeur une image que rien ne saurait effacer, mais cette image est un type de beauté différente.
Source : Gallica

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