Félix Rocquain

Résumé

Félix Rocquain Lucy Vernon, par Félix Rocquain (1862)

L'homme entraîné vers une femme, et qui ose le lui dire, doit avoir l'intention d'occuper d'elle toute sa vie. Nous ne sommes pas, je le confesse, certains d'aimer toujours; et le coeur, non plus que la conscience, ne peut répondre de sa fidélité. Mais, au moment où l'amour vient échauffer notre âme, comme au moment où les clartés de la conviction illuminent notre intelligence, nous devons nous donner sans réserve. Celui qui se lie à une personne avec l'idée de s'en éloigner un jour outrage le sentiment; celui qui se lie à une opinion avec dessein de la trahir outrage la vérité.
Source : Gallica

Félix Rocquain Lucy Vernon, par Félix Rocquain (1862)

Laissons aux mots leur signification : j'eus pour Juliette de la passion, non de l'amour. Fondée sur les sens qui bornent son essor, la passion s'enferme dans le présent et ne distingue rien au delà de la personne qui l'inspire. Je ne me souvenais ni de Lucy, ni de ses généreux enseignements. Nulle pensée ne me portait vers l'avenir; le temps se réduisait à celui que je passais près de Juliette. Je ne voyais qu'elle; je voulais que tout, autour de moi, devînt l'instrument de son bonheur, surtout du mien.
Source : Gallica

Félix Rocquain Lucy Vernon, par Félix Rocquain (1862)

Et qui nous permettra de joindre à notre existence l'existence d'autres êtres,, sans que dans ce rapprochement nulle vie soit diminuée? L'amour.
L'amour ne demande ni ne dérobe ; il donne. Il nous répand au dehors; il nous lie, il nous mêle à tout ce qui nous entoure. L'homme qui aime n'imagine rien qui lui demeure étranger. Ami des hommes dans le présent, il remonte avec eux dans le passé, il les suit dans l'avenir; il s'unit de même à la nature entière et se dilate avec elle dans les profondeurs de l'espace et du temps.
Source : Gallica

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