Le Marais

Définition et enjeux

Marc Elder Le Peuple de la mer

De l’autre côté, à droite, c’est le marais plat, quadrillé, fuyant jusqu’aux plages de l’ouest que bat la mer du large. Des silhouettes de moulins, comme de hauts bonshommes qui se font signe les bras au ciel, repèrent la plaine; des meules de sel frais éclatent d’une blancheur de neige dans la lumière.
Les cultures sont rases, cachées aux plis du terrain, car la brise étrille rudement les plus hautes; et des arbres apparaissent, couchés sous le vent ainsi que des fumées.
Source : Gutenberg

Portrait de Guy de Maupassant Guy de Maupassant Œuvres complètes de Guy de Maupassant - volume 18 (1908)

J’aime l’eau d’une passion désordonnée: la mer, bien que trop grande, trop remuante, impossible à posséder, les rivières si jolies, mais qui passent, qui fuient, qui s’en vont, et les marais surtout où palpite toute l’existence inconnue des bêtes aquatiques. Le marais, c’est un monde entier sur la terre, monde différent, qui a sa vie propre, ses habitants sédentaires, et ses voyageurs de passage, ses voix, ses bruits et son mystère surtout. Rien n’est plus troublant, plus inquiétant, plus effrayant, parfois, qu’un marécage.
Source : Gutenberg

R. Martin Statistique agricole de la France… (1937)

La Plaine n'est pas tout à fait plate ; des vallonnements l'assouplissent. Le Marais présente une remarquable diversité, à côté de la marque commune. Ici, il est livré l'hiver aux eaux: marais mouillé. Là, ses canaux sont bordés d'arbres: marais boisé. Ailleurs, il offre des mottes, socles naturels pour les cabanes, les bourrines et les petites maisons de tuiles : marais habité. Dans le Bocage alternent les coteaux et les combes, les premiers jamais assez hauts pour ne pas mériter le travail de l'homme, les secondes jamais trop encaissées pour ne pas devenir des prairies naturelles.
Source : Gallica

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