Adolphe François Pannemaker

Résumé

Adolphe François Pannemaker La roche aux mouettes (1871)

Lui, Marc, lui, mon fils, mon enfant! Il ne t'a jamais fait de mal, lui! Il était le seul qui fût bon pour toi. Il t'assistait dans ta misère. Il t'aimait dans ton abjection. Je l'avais apprivoisé à ta laideur. Pourquoi donc ris-tu, misérable? Est-ce que j'ai ri, moi, lorsque tu m'as apporté ton doigt écrasé? Est-ce qu'il riait, lui, quand les autres te poursuivaient à coups de pierres? Pauvre petit! sa plus grande joie était de glisser dans ta besace la moitié de son goûter. Va-t'en, monstre, va-t'en!
Ton âme est encore plus hideuse que ta figure.
Source : Gallica

Adolphe François Pannemaker La roche aux mouettes (1871)

Je crois, en vérité, que Marc est amoureux de la mer! On le voit, par tous les soleils, lui faisant sa cour le long du rivage. Tout ce qui est de
la terre ferme n'existe plus, ne compte plus pour lui. La mer seule a le privilége de l'attirer et de le captiver. Elle est devenue son unique préoccupation ; il n'a d'admiration et de curiosité que pour elle. Bien qu'il n'ait jamais mis le pied sur le pont d'un navire, tous les termes de marine lui sont aussi familiers qu'à un capitaine au long cours. Il calcule les heures du flux et du reflux. Il pressent, il préditles grains et les tempêtes.
Source : Gallica

Adolphe François Pannemaker La roche aux mouettes (1871)

On touchait au moment suprême : on attendait l'arrêt de Dieu.
Tout à coup, sur le midi, une rafale de vent dégagea la mer et le ciel, le soleil brilla, les vagues étincelèrent, et on aperçut au loin une voile qui s'avançait du large.
La foule resta muette. Personne ne bougea. On entendait battre les cœurs. La voile, qui n'était d'abord qu'un point blanc dans l'espace, se développait de plus en plus. L'embarcation cinglait visiblement vers le rivage : c'était le bateau de Legoff!
Que rapportait-il dans ses flancs? La joie ou le deuil? La vie ou la mort?
Source : Gallica

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