Résumé

Paul Féval La Quittance de minuit

L’heiress s’était arrêtée devant lui et le mesurait d’un regard tranquille.
— Faites-moi place, Mac-Diarmid ! dit-elle.
Jermyn ne bougea pas ; ses yeux rayonnaient un éclat sauvage ; sa jalousie, exaltée jusqu’à la fureur, l’aveuglait et le rendait fou.
Mais le doigt d’Ellen s’appuya sur son épaule ; et son épaule robuste céda comme si une baguette magique l’eût touchée.
— Place à la fille des lords ! dit Ellen d’une voix impérieuse.
Jermyn voulut résister ; il ne put. Il recula comme un enfant devant le geste souverain de l’heiress, qui ouvrit la porte et disparut.
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Paul Féval La Quittance de minuit

Encore, Owen !... encore !... j’ai tant souffert !
Elle le contemplait, ravie ; sous ses larmes qui se séchaient, il y avait un extatique bonheur. Elle souriait plus belle que jamais : belle de sa joie et de sa douleur oubliée ; surtout belle d’amour.
Owen balbutiait et répétait sans savoir :
— Je t’aime ! oh ! je t’aime !
Mais, tout à coup, Kate se renversa en arrière et pâlit. Son œil se fixa sur l’œil d’Owen, qui se baissa.
— Si vous m’aimez, dit-elle, où étiez-vous cette nuit ?
Le sourire d’Owen se glaça, et toute sa joie s’enfuit.
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Paul Féval La Quittance de minuit

Sa haine s’éteignait ou plutôt se confondait avec la grande haine qu’il portait à l’Angleterre.
Et alors, refermant son cœur sur l’image adorée de la morte, il repoussait lord George l’assassin hors de sa voie, comme le penseur écarte du pied l’obstacle importun qui lui barre la route.
Se venger d’un homme était trop peu pour lui...
En ce moment où les instincts changeants et la courte vue de cette foule qui l’entouraient se montraient à lui sans voile, Morris Mac-Diarmid sentait le doute et la pitié emplir son âme. Il était seul, tout seul parmi cette tumultueuse cohue.
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