Charles Le Goffic,
Poésies complètes
“ GWION Fuyons-les cependant, fuyons-les, mon Urgande. Tu n’as pas vu l’ajonc, tu n’as pas vu la lande Se convulser au vent de mer. C’est de leurs fruits malsains que cette île est prodigue ; Mais elle accorde à peine au soc qui la fatigue Un peu de seigle ou d’orge amer. Fuyons-les ! L’heure presse et la route est ouverte. Vois ! la douce Phœbé qui rit dans la nuit verte Fait jusqu’au bord de tes pieds blancs Couler un pan léger de sa traîne fleurie, Et c’est comme un chemin semé de pierrerie Qui s’ouvre à nos rêves tremblants. URGANDE Mon Gwion, je suis si lasse ! ”

