Résumé

Portrait de Charles Le Goffic Charles Le Goffic En cantonnement, un deuxième chapitre de l’histoire des fusiliers marins

De l’autre côté de l’Yser, dans les pâtés de décombres qui avoisinent le Haut-Pont, les Allemands ont installé des mitrailleuses qui se démasquent subitement. Ordre est réitéré à nos pièces d’achever la destruction de ces ruines. Si frénétique que soit le bombardement ennemi, on le supporte sans trop d’énervement, depuis que notre artillerie à nous-mêmes fait sa partie dans le concert. Les obus se croisent en tout sens. Un coup n’attend pas l’autre.
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C’est un tonnerre continu, une immense trame de bruit, si serrée, si dense, que, quand quelque accroc se produit, le silence fait l’effet d’un choc. L’activité allemande, peu sensible à l’œil nu, est très grande sur la partie du front qui nous regarde. On la devine, si on ne la voit pas. Refoulée par l’inondation sur toute la ligne inférieure et moyenne de l’Yser, « sauf en un endroit de la rive gauche, dit le Communiqué du 13 novembre, où il occupe de 2 à 300 mètres [19] , » l’ennemi entend tout au moins prendre sa revanche devant Dixmude
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D’une heure à quatre, tous les jours, il leur fait faire l’exercice dans la campagne ; il les entraîne à la marche et au maniement des pioches ; il tâche surtout, par ses harangues enflammées, de leur communiquer son ardeur, sa brûlante soif de sacrifice. Mais, mieux que toutes les paroles, le canon qui gronde sans discontinuer retentit dans ces âmes. Comment garder son sang-froid quand les marmites tombent à moins d’un kilomètre de la ville ? Le 28, sept hommes sont ainsi blessés dans la campagne par l’explosion d’un obus.
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