Pierre Nothomb

Pierre Nothomb

Résumé

Portrait de Pierre Nothomb Pierre Nothomb La Bataille de l’Yser

Une rangée tombe, les autres enjambent les cadavres et les blessés, s’avancent, suivis d’autres et d’autres. Des hommes arrivent jusqu’au parapet, où s’engagent, à la baïonnette et au couteau, des corps à corps sanglans. Partout, les Belges tiennent bon. La ville est entourée d’une ceinture de cris, de râles et de feu. Debout au milieu de la grand’place, le colonel Jacques est devenu l’âme ardente du combat. Tout à coup, un obus éclate et le renverse. Blessé au pied, il se relève, demande une canne, continue à donner ses ordres.
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Portrait de Pierre Nothomb Pierre Nothomb La Bataille de l’Yser

Derrière lui, c’est la ruée. C’est l’Yser franchi, les tranchées violées, les cadavres fouillés, les blessés massacrés. C’est le piétinement, sur le pavé sanglant, des régimens compacts et drus. C’est Saint-Georges, village de paix et de silence, qui pousse un grand cri, et meurt égorgé. C’est, sur les voies qui débouchent du bourg, les compagnies enivrées qui déjà s’aventurent en un trot massif. La plaine va-t-elle être envahie, l’armée belge tournée, Nieuport isolé ? Non, non ! Deux batteries du major van Bever, la 28e et la 29e qui se retirent avec le 14e de ligne s’arrêtent soudain.
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Portrait de Pierre Nothomb Pierre Nothomb La Bataille de l’Yser

« Mon major, j’irai, je me ferai tuer ! » le bruit de la fusillade étouffe le cri des mourans. Bientôt pourtant la pression est telle que toute résistance serait inutile folie : le bataillon se replie. Les hommes qui restent des autres unités canardent encore les ennemis qui, infiltrés sur notre rive, se trouvent serrés sur l’étroit chemin de halage entre la digue et le fleuve, et qui parfois se battent avec nous, — dramatique combat d’aveugles, — à coups de baïonnette à travers la mince épaisseur de gazon.
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