Charles Le Goffic,
Deux Tableaux de la vie terreneuvienne
“ Le ciel est d’une limpidité hyaline. Sous la lune qui monte, une campagne léthargique et douce s’étale à perte de vue ; les glèbes luisent, blanches de gel ; les arbres découpent au bord du chemin leur ramure de verre filé ; la flûte d’un crapaud solitaire vibre dans le silence comme le timbre intermittent de ce paysage de cristal. Terre-Neuve, les factions sur le Banc, le grésillement du poudrin dans les vergues, le meuglement des cornets d’appel dans la brume, que tout cela, qui palpite confusément sur l’horizon, semble à cette heure irréel et lointain !... ”
