“ La guimbarde — vous le savez peut-être — consiste en une minuscule lyre d’acier munie, au milieu, d’une languette. La façon d’en user est simple : on serre la lyre entre les dents, et on fait vibrer la languette du bout du doigt. Chacun peut ainsi, à la condition d’aspirer le son fortement, se jouer dans le creux du ventre, les plus adorables musiques. Le public, d’ailleurs, n’entend rien, et seul le virtuose a le bénéfice de son génie, ce qui est le comble de l’Art pour l’Art... Dans nos courses à travers la campagne, Estevanet portait toujours sa guimbarde sur lui. ”
Guimbarde
Définition et enjeux
Citations sur “guimbarde”
Albert Jannin, Un coin du pays basque (1906)
“ Les mules font un effort, stimulées par quelques paroles énergiques du conducteur; un bruit de sonnettes résonne pour se perdre bientôt sous d'épaisses ramures, pendant que la vieille guimbarde roule de nouveau le long des côteaux brunis et embroussaillés où des bœufs accouplés viennent vers nous, tirant péniblement leurs lourds chariots de bois et de brindilles. Et sous le ciel qui semble s'abaisser par la masse des nuages, nous voyons toujours ces mêmes teintes bistrées des montagnes arides, ces mêmes horizons qui changent les lointains et les rendent plus confus. ”
Guy-Péron, Les derniers invalides : mémoires… (1904)
“ Sous la capote de la guimbarde, les dormeurs s'éveillèrent : le lancier d'abord, qui étira ses longs bras et ses longues jambes en bâillant à s'en décrocher la mâchoire; le voltigeur ensuite, puis le capucin, qui, après s'être frotté les yeux de ses gros poings, esquissa des signes de croix, se mit à genoux sur la banquette et fit sa prière, les yeux fixés vers le ciel, les bras croisés sur la poitrine. ”
Hector Berlioz,
Les Soirées de l’orchestre
“ Mais cette large part faite à la critique du sens musical du gros public, je dois maintenant vous faire connaître combien il y a de malotrus qui l’importunent, ce pauvre public, qui le harcèlent, qui l’obsèdent sans vergogne, depuis le soprano jusqu’à la basse profonde, depuis le flageolet jusqu’au bombardon. Il n’est si mince râcleur de guitare, si lourd marteleur d’ivoire, si grotesque roucouleur de fadeurs qui ne prétende arriver à l’aisance et à la renommée en donnant concert sur la guimbarde... ”
Joanny Gonindard, Au gré du vent : souvenirs, pour dire entre hommes… (1901)
“ Dedans son pauvre ventre on plante des grands mâts, Sans même demander à celle qu'on viole Si d'autres plus petits ne lui suffiraient pas. LES LAMENTATIONS DE GNAFRON 43 De tous côtés l'on voit circuler des guimbardes Qui mettent les passants en chair à saucissons ; Y faut pour y monter des jambes de cent-gardes, Et l'on vous y empile ainsi que des cayons. Ça marche sans chevaux, au moyen d'une trique Qui racle sus un fil accroché aux maisons ; Tout le long du chemin ça fait une musique Que doivent aimer seuls les porteurs d'actions. Partout sous la cadette on place des ficelles ”
Louis-François Raban, Justine, ou Les malheurs de la vertu (1836)
“ C'est bien dommage, se disait Guibard, SUICIDE. 413 en retournant chez lui ; mais ça ne pouvait pas être autrement : ce garçon ne voulait pas hurler avec les loups, et les loups l'ont mangé. Sacredieu ! il vaut mieux tuer le diable que de se laisser tuer par lui; douce ou non, l'existence est courte, et il est plus raisonnable de songer à en jouir que d'en retrancher quelque chose. Là-dessus Guibard rentra, gronda sa servante qui avait laissé refroidir le dîner, et mangea d'un bon appétit. Guibard était un homme d'esprit, il est maintenant évêque!.... ”
Joanny Gonindard, Au gré du vent : souvenirs, pour dire entre hommes… (1901)
“ Guignol est tout changé, je sens qu'il est fourbu, Quand y rentre le soir, il est plus ou moins bu. Pour sûr y doit avoir un chagrin qui le mine, Son coeur n'est plus à moi, mais tout à la chopine ; Tout en dedans de lui que s'est-y donc passé Pour qu'en si peu de temps y soit ainsi changé ? Jamais y n'est content, à toute heure y gongonne, Pour un oui, pour un non, je l'entends qui ronchonne ; Un jour c'est le fricot qui ne lui convient pas, Le dîner est trop cuit, le bouillon est trop gras. ”
Anonyme, Aventures merveilleuses de Huon de Bordeaux
“ Ne craignez rien, dit Gibouard : je vais vous donner un bon conseil. Un peu au delà de l’abbaye il y a un petit bois : je prendrai soixante chevaliers et j’irai m’embusquer dans le bois. Vous, vous irez trouver votre frère, n’emmenant avec vous qu’un écuyer, et vous lui ferez grand accueil. Le matin, avant qu’il soit grand jour, vous l’accompagnerez sur la route de France ; quand vous serez près du petit bois, soulevez entre lui et vous quelque différend. Quand nous l’entendrons vous menacer, nous sortirons du bois, nous tuerons tous ses chevaliers, et vous le jetterez dans votre prison. ”
Joanny Gonindard, Au gré du vent : souvenirs, pour dire entre hommes… (1901)
“ Tandis que dans Lyon, hélas ! faut que je reste, En attendant d'aller te retrouver là-haut ! Belle amoureuse, adieu ! tout doucement balade Au travers de l'espace et du ciel étoile, Guignol qu'est malheureux, Madelon qu'est malade Embrassent tendrement ton museau z'argenté ! 8 62 GUIGNOLADES GUIGNOL EMPORTANT LA CRUCHE A EAU CHAUDE Les pieds de mon fenon c'est là qu'elle les chauffe, Quant y sont en hiver engourdis par le froid. C'est plus, depuis longtemps, Guignol qui les réchauffe; On n'est plus amoureux comme les autres fois ! ”
René Bazin,
Revue des Deux Mondes
“ Impossible de revenir par la côte orientale. Il n’existe pas de chemin. La forteresse, de ce côté, tombe à pic dans la mer. Je reprends donc la route de l’Alameda, je traverse la ville, et je descends par la porte qui ouvre sur l’Espagne. Rien de plus impressionnant que cette sortie de Gibraltar. On découvre, entre deux pointes de baies, la langue de terre qui relie la place aux lointains massifs montagneux du continent. Elle est étroite et verte. Les Anglais y ont établi un jardin avec des palmiers et un champ de courses. ”
Roger de Beauvoir,
Aventurières et courtisanes (Nouvelle édition…
(1859)
“ Ces belles paroles de la Guimard trouvèrent de l'écho chez ces demoiselles. En 1782, une actrice de l'Opéra touchait beaucoup moins qu'aujourd'hui; mais aussi elles obtenaient une foule de pensions particulières de la munificence de leurs protecteurs. Le prince de Soubise, outre la garde-robe et les pierreries, donnait quatre cent mille livres par an à la Guimard. Il est vrai que la faillite du prince de Guémenée dans laquelle il se trouva fortement lésé, mettait un frein à ces libéralités; mais la Guimard ne prouva pas moins qu'elle était digne de ces avances magnifiques. ”
Guillaume d'Orange , le marquis au court nez… (1867)
“ Le comte Guillaume fit mettre son cheval à l'écurie et monta au palais de Gloriette. Il s'assit à côté de Guibor en attendant le dîner. Cependant Renouard entra dans les cuisines pour y déposer son tinel. Dame Guibor remarqua ce grand jeune homme qui ne paraissait pas avoir quinze ans. — Monseigneur, dit-elle à son mari, quel est ce bachelier qui porte sur son épaule cette énorme perche, qu'un cheval aurait de la peine à traîner? Sainte Marie! où a-t-il pris une telle massue? Jamais on n'en vit de pareille, et celui qui la manie doit être d'une force extraordinaire. Dieu! ”
Germaine Guévremont,
Le Survenant
“ Venant regarda au loin : — À supposer que je te le dirais, la Noire, serais-tu plus riche après ? Leurs yeux, ainsi que d’un commun accord, cherchèrent la rivière. On eût dit que le fleuve complice voulait fêter quelque convive rare : entre deux coteaux sablonneux, il dressait une grande nappe d’eau claire que le soleil parait d’énormes gerbes d’or. * * * Après avoir traversé au pas la ville de Sorel, le cheval, sous la conduite du Survenant, s’engagea dans le chemin de Saint-Ours. Tout à coup il fit une embardée. ”
Louis J, La politique de Guignol : Gnafron & Cie (1876)
“ L'heure, qui est à Dieu, s'approche, et la Révolution « le sent bien. » Non, Jambe-d'Or ne connaît pas encore toutes les épreuves. Il sait pas celle du déménagement de Guignol. Et veux-tu, ma vieille, que je te bajaffle comment est-ce que ça se pratique ? Quand Guignol avise un créancier, ou quelqu'un dont la margoulette ne lui revient pas, comme censément toi, et qu'il l'aperçoit se diriger du côté de sa cambuse, alors il lui gueule par la fenêtre : « Eh ! vieux, approche pas davantage, sans ça je te fais pleuvoir mon ménage sur la trombine. » ”
Laurent Mourguet,
Théatre lyonnais de Guignol
“ Guignol. Mais, borgeois, il n’y a plus de Savoie à présent : ils sont greffés, les Savoyards. Cassandre. . Qu’importe ! c’est un nom qu’on donne à une espèce de gâteau ; il saura ce que cela veut dire. — 2o Un pâté de Chartres. Guignol. Un pâté de chatte !... Oh ! je ne pourrai pas manger de chat ; j’aime trop les petits mirons. Cassandre. Ce n’est pas de chatte, c’est de Chartres : c’est le nom d’une ville de France. Tu lui demanderas un grand pâté avec une cheminée. Guignol. Faudra ben qui soye grand pour qu’il y mette une cheminée... faudra qui soye grand comme une maison. ”
Émile Guimet,
A travers l'Espagne, lettres familières…
(1862)
“ Cette forêt vierge est parfaitement entretenue; des sentiers bien sablés conduisent à travers ces plantes enchevêtrées et fleuries, à des kiosques qui dominent le détroit et d'où la vue est délicieuse ; en un mot, la civilisation britannique a tiré un charmant parti de ce désert odoriférant. Voici du reste quelques vers qu'Henri a confectionnés sur Gibraltar et qui t'en donneront une idée exacte. A Gibraltar, sous un ciel africain, On voit des choses bien cocasses ; L'humanité mêle ses races ”
J Bonhomme, Notice biographique sur les Guimbaud… (1864)
“ Le lendemain au soir, Guimbaud, contrarié d'être ainsi troublé dans son sommeil ; s'arme de tout son courage et prend la résolution de savoir à quoi s'en tenir"; il organise son bataillon, remet à son fils un fusil à baïonnette, à sa femme un sabre, à sa belle-fille un pistolet, et à sa vieille mère une chandelle et des allumettes, afin qu'au premier signal elle puisse éclairer la chambre. Chacun doit se coucher selon son habitude et avoir son arme sous la main. ”
Louis-François Raban, Justine, ou Les malheurs de la vertu
“ On réunit donc, sans beaucoup de difficulté, trente guerriers dont moitié se trouva armée de fusils de chasse, et l’autre moitié de faulx et de fourches, quelques-uns même de bêches, de couperets, etc. ; mais tout fut trouvé bon, et les hommes pleins de bonne volonté ; car on racontait déjà des merveilles de la générosité de monsieur le comte de la Guibardière. Ce fut bien autre chose quand Guibard eut fait mettre un tonneau de vin à la disposition de ces braves gens ; on but cent fois à la santé de monsieur le comte ”
Adrien Berbrugger,
Les colonnes d'Hercule : excursion à Tanger…
(1863)
“ Gibraltar est un de ces endroits qui impressionnent assez vivement pour qu'on ait le désir d'en emporter l'image exacte. Mais les Anglais ne veulent pas qu'on prenne leur chère forteresse, même en peinture ; et je conservais un souvenir confus des tribulations que M. Alary aurait essuyées de leur part pour avoir photographié la montagne sacro-sainte. J'avais ouï dire qu'il avait été tracassé, expulsé même; au moment où tout cela me roulait dans la tête, j'arrivai devant une boutique où l'on vendait un peu de tout, selon la méthode américaine. ”
Mademoiselle Duthé, Souvenirs de Mlle Duthé, de l'Opéra… (1909)
“ Cela n' empêcha pas Guimard de courir , dès son apparition dans le monde , vers une fortune prodigieuse . Elle eut des aventures sans nombre et des amants passionnés ; elle les accoupla de bonne heure sans qu' ils le trouvassent mauvais . A tout seigneur tout honneur : aussi je placerai à leur tête le maréchal prince de Soubise-Rohan , pauvre sire de tout Dervieux ( voir les Mémoires secrets ) , une guerre fameuse du XVIIIe siècle , la Guimard n' avait pas été épargnée par les épigrammes : Guimard en tout n' est qu' artifice Et par dedans et par dehors . ”
Armand de Pontmartin,
Les jeudis de madame Charbonneau
(1862)
“ Le village de Gigondas, situé ou plutôt perché sur une colline argileuse dont il occup e le point culminant, domine une plaine fertile et riante qu'arrose la jolie rivière de l'Ouvèze. Ma maison, que mes flatteurs seuls appellent un château, est tapie, tout au bas de la côte, sous des massifs de marronniers et de platanes. Ce petit coin de terre offre en miniature le contraste des pays de plaines et des pays de montagnes. En bas, tout est fraîcheur, verdure, eaux jaillissantes, gazouillements d'oiseaux, luzernes fleuries, ruisseaux caressant l'herbe des prés et les iris aux longs corsages ”
Claudius Madrolle,
Notes d'un voyage en Afrique occidentale…
(1894)
“ Le chef, heureux d'une pareille visite — deux blancs, sans doute des personnages importants des pays d'Europe, — reste un moment en vénération devant nous et envoie ses sujets à la recherche d'un logement. Guimbéring est un fort village composé d'autant de réduits qu'il y a de familles. ”
Louise de Montanclos, Récits d'un bon oncle sur l'Europe… (1868)
“ Nous arrivâmes enfin en vue de Gibraltar ; c'est une ville située sur un roc de quinze cents pieds de haut, et défendue par une forteresse imprenable. Gibraltar est en Espagne et forme la pointe la plus méridionale de l'Europe. La forteresse et la ville appartiennent aux Anglais, qui s'en sont emparés par surprise et qui les gardent avec une garnison de plusieurs milliers d'hommes et beaucoup de canons. Gibraltar, à l'entrée de la mer Méditerranée, donne son nom au détroit par lequel la mer coule de l'océan Atlantique dans la mer Méditerranée. ”
Aristide Mathieu Guilbert, Lettres sur l'Algérie, par X. Marmier (1847)
“ L'Espagne rentrait en possession de l'île de Minorque , et l'Angleterre gardait Gibraltar. Depuis ce temps , elle n'a cessé de travailler à fortifier cette citadelle, déjà si forte par sa situation. La montagne de Gibraltar s'élève, comme vous savez, monsieur, à treize cents pieds au-dessus de la mer, en face du promontoire africain, à l'entrée du détroit, qui a environ cinq lieues de largeur dans sa moindre étendue et dix lieues de longueur. Elle s'avance au sein des flots à plusieurs milles de distance de la côte d'Espagne et ne se joint au continent que par une isthme de sable. ”
Laurent Mourguet,
Théatre lyonnais de Guignol
“ GUIGNOL. Leurs canons de fusil & de pistolet... Et nous sommes sortis triomphants de ces épouvantables souterrains... Grâce à nous deux, à notre courage, à notre énergie, à notre sang-froid, le pays est à jamais délivré de ces infâmes malfacteurs... Voilà ! voilà ! voilà ! TOUS. Vive Guignol ! vive Guignol ! Scène III. LES MÊMES, LE COMTE, ESTELLE.LE COMTE. Mes enfants, la tranquillité est rendue au pays, grâce aux deux héros de cette nuit. On vient d’arrêter à l’instant même le reste de la troupe des faux monnayeurs, & tous subiront la juste peine de leurs forfaits. ”
Anonyme, Guillaume d’Orange, le marquis au court nez
“ Au moment où Guibor allait le regarder, elle vit passer non loin de là cent païens, conduisant vers Desramé trente jeunes écuyers prisonniers, garottés de fortes cordes, qu’ils battaient et malmenaient à plaisir. Lorsque dame Guibor les entendit crier et invoquer Dieu, elle dit à Guillaume : — Voici l’occasion de prouver que tu es bien le comte Guillaume. Si tu es réellement le brave Bras-de-fer, tu ne laisseras pas les païens emmener et battre et maltraiter nos gens en ta présence. ”
Louis-François Raban, Justine, ou Les malheurs de la vertu
“ Accompagné d’un nombreux cortége de prêtres, de jeunes lévites, je me rendais au chœur, lorsque tout-à-coup deux hommes pénètrent dans les rangs de mon escorte ; l’un d’eux me saisit par le bras en s’écriant : Je suis convaincu que c’est Guibard, le forçat, no 115 ! ”
Germaine Guévremont,
Le Survenant
“ Dans le fouillis des phrases, elle chercha à distinguer celles qui avaient du sens : — ... rien qu’un survenant... rien qu’un survenant... mais je respecte votre maison... je respecte le père Didace... un vrai taupin, le meilleur chasseur du canton. Il est pas comme les Provençal... ah ! les plus gros habitants du canton... mais toute une bande d’ignorants... savent rien en tout... savent pas même que le père Didace va se marier avec... l’Acayenne... la belle Acayenne. Dis pas non, Odilon, parce que je t’envoie revoler au plafond... Après une pause, le Survenant se leva de tout son long. ”
Louis J, La politique de Guignol : Gnafron & Cie (1876)
“ Imaginez-vous, les gones, qu'un jour je reluque mon ami Gnafron au bord de l'eau, en train d'amorcer sa ligne avec des asticots qu'il avait ramiés dans toutes les saloperies de France et de Navarre. — Tu veux donc nous faire avaler des poissons d'avril, que je LA POLITIQUE DE GUIGNOL. 80 lui débobine comme çà? Mon pauvre vieux ! tu vois bien que ça ne biche pas. Viens- t'en dans la chambre de ton ami Guignol ; c'est là que nous ferons de la bonne cuisine, et que nous mijoterons ensemble des plats de pommes de terre à s'en relicher les babines et les arpions. ”
