Résumé

Anonyme Aventures merveilleuses de Huon de Bordeaux

Géreaume se leva et montra à tous la plaie encore rouge de son côté.
— Sire, dit Huon, il nous a emmenés dans cette ville et nous a jetés dans sa prison. Si je suis ici, c’est malgré moi, et s’il ose soutenir que je ne dis pas la vérité, qu’il s’arme, lui et Gibouard : je les combattrai tous les deux, et si avant le soir je ne leur fais pas avouer leur trahison, je consens à être pendu au vent ; mais si je suis vainqueur, rendez-moi ma terre et laissez-moi tenir en paix mon héritage.
— Sire, dit Gérard, il dit ce qu’il veut. Pour rien au monde, je ne voudrais combattre mon frère.
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Anonyme Aventures merveilleuses de Huon de Bordeaux

Mais quelle laide figure tu as ! Tu ne m’as pas dit qui était ton père : tu n’es pas le fils d’un homme !
— C’est vrai, dit le géant : Belzébuth est mon père, et il n’y a pas un diable dans l’enfer qui ne soit mon cousin. Écoute, Huon : si tu veux me rendre mon bon haubert, je te laisserai aller sans te faire de mal, et tu auras le bon anneau d’or que m’a donné l’amiral Gaudise. Tiens, regarde-le, frère : je l’ai mis à mon petit doigt ; il y tient juste, il te fera un bon bracelet. Il te sera bien utile pour faire ton message ; car tu ne sais pas tout ce qui t’attend à Babylone.
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Anonyme Aventures merveilleuses de Huon de Bordeaux

Huon attache à sa ceinture le hanap d’or, il pend à son cou le cor d’ivoire. Au moment du départ Auberon embrasse le fils de Seguin, et des larmes s’échappent de ses yeux.
— Qu’avez-vous, gentil sire ? dit Huon ; pourquoi pleurez-vous ?
— Ami, répond Auberon, tu emportes mon cœur. Je ne puis plus parler... Va-t-en à la garde de Dieu !
Les quatorze chevaliers continuent leur route, s’entretenant d’Auberon et de ses merveilles. Bientôt ils se trouvent devant une rivière où ils ne voient ni pont ni gué ; ils restent ébahis, ne sachant ce qu’ils vont faire.
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