Résumé

auteur:Turold La Chanson de Roland/Joseph Bédier

CLXXVII Roland est mort ; Dieu a son âme dans les cieux. L’empereur parvient à Roncevaux. Il n’y a route ni sentier, pas une aune, pas un pied de terrain libre où ne gise un Français ou un païen. Charles s’écrie : « Où êtes-vous, beau neveu ? Où est l’archevêque ? où le comte Olivier ? Où est Gerin ? et Gerier son compagnon ? Où est Oton ? et le comte Bérengier ? Ivon et Ivoire, que je chérissais tant ? Qu’est devenu le Gascon Engelier ? le duc Samson ? et le preux Anseïs ? Où est Gérard de Roussillon, le vieux ? Où sont-ils, les douze pairs, qu’ici j’avais laissés ? »
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auteur:Turold La Chanson de Roland/Joseph Bédier

CV Le comte Roland chevauche par le champ. Il tient Durendal, qui bien tranche et bien taille. Des Sarrasins il fait grand carnage. Si vous eussiez vu comme il jette le mort sur le mort, et le sang clair s’étaler par flaques ! Il en a son haubert ensanglanté, et ses deux bras et son bon cheval, de l’encolure jusqu’aux épaules. Et Olivier n’est pas en reste, ni les douze pairs, ni les Français, qui frappent et redoublent. Les païens meurent, d’autres défaillent. L’archevêque dit : « Béni soit notre baronnage ! Montjoie ! » crie-t-il, c’est le cri d’armes de Charles.
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auteur:Turold La Chanson de Roland/Joseph Bédier

Grand est le butin qu’ont fait ses chevaliers, or, argent, précieuses armures. Dans la cité plus un païen n’est resté : tous furent occis ou faits chrétiens. L’empereur est dans un grand verger : près de lui, Roland et Olivier, le duc Samson et Anseïs le fier, Geoffroi d’Anjou, gonfalonier du roi, et là furent encore et Gerin et Gerier, et avec eux tant d’autres : de douce France, ils sont quinze milliers. Sur de blancs tapis de soie sont assis les chevaliers ; pour se divertir, les plus sages et les vieux jouent aux tables et aux échecs, et les légers bacheliers s’escriment de l’épée.
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