“ « Seigneurs barons, dit l’Empereur Charles, Vous voyez ces passages et ces étroits défilés. À qui me conseillez-vous de confier l’arrière-garde ? » Ganelon répond : « À Roland, mon brave fils ; Vous n’avez pas de baron si courageux. » À ces mots, Charles le regarde durement Et lui dit : « Vous êtes un vrai diable, Une mortelle rage vous est entrée au corps. Et qui sera devant moi, à l’avant-garde ? — Ce sera, répond Ganelon, Ogier de Danemark. Vous n’avez point de baron qui s’en acquitte mieux. » ”
Anonyme
Résumé
La Chanson de Roland, œuvre anonyme du Moyen Âge, raconte la tragique bataille de Roncevaux, où Roland, le fidèle compagnon de Charlemagne, devient martyr. Ce poème épique, axé sur les conflits entre chrétiens et Sarrasins en Espagne, met en scène des personnages tels que Ganelon, le traître, et le roi Marsile.
À travers des descriptions d’armures (heaume, épée), de combats et de conversions religieuses, il aborde les thèmes de l’honneur, de la fidélité et du destin funeste. Les vers révèlent un récit marqué par le profond chagrin et la glorification des héros, ancrant l’œuvre dans la tradition des chansons de geste.
Citations de La Chanson de Roland (Anonyme)
“ « Salut au nom de Dieu, Du Dieu glorieux que nous devons adorer ! Voici ce que vous mande Charlemagne le baron : Vous recevrez la sainte loi chrétienne Et mon seigneur vous laissera en fief la moitié de l’Espagne. Si vous ne consentez pas à cet accord. Vous serez pris de force et garrotté ; Vous serez amené au siège de l’Empire, à Aix ; Un jugement finira vos jours. Et vous mourrez dans la honte et dans l’ignominie. » Le Roi Marsile est saisi d’un frisson. Il tenait à la main un javelot à pointe d’or ; Il veut en frapper Ganelon, mais on arrive à l’en détourner. ”
“ Il lui brise son heaume là où luisent les escarboucles, Coupe la coiffe et la chevelure. Lui tranche les yeux et le visage, Le blanc haubert aux mailles menues, Et tout le corps jusqu’à l’enfourchure, Jusqu’à la selle qui est couverte d’or. L’épée entre dans le cheval, Lui tranche l’échine sans chercher la jointure, Et abat mort l’homme et la bête sur l’herbe drue du pré. Il lui dit ensuite : « Maraud ! tu as eu tort de venir, Ton Mahomet ne te viendra pas en aide. Tel glouton ne gagnera pas la bataille. » ”
