Résumé

Portrait de Joseph Autran Joseph Autran La Lyre à sept cordes

Plus loin, sur un tapis de fleurs de la montagne.
C’est le jeune Olivier que trouve Charlemagne.
La mort, dans son éclat riant et printanier,
A moissonné le fils du vaillant duc Régnier.
Il est là, comme un lis tout meurtri par l’orage,
Celui pour qui Roland eut, dès son premier âge,
Cette belle amitié dont le ciel fut témoin...
« Roland, dit l’empereur, ne doit pas être loin. »
Il cherche, il cherche encore, et, sous les arbres sombres,
Au pied de ces rochers pâles comme des ombres,
Il reconnaît enfin son ami, son parent.
Ce Roland qui jamais ne lui parut si grand !
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Portrait de Joseph Autran Joseph Autran La Lyre à sept cordes

Le prince des païens ; l’autre était Charlemagne,
Déjà maître à moitié de la terre d’Espagne.
Pendant qu’ils devisaient, côte à côte, en chemin,
Un pauvre s’approcha qui leur tendit la main ;
Et c’était grand’pitié de voir son humble mine.
« Va-t’en, dit le païen, emporte ta vermine !
— Pourquoi parler d’un ton si rude aux pauvres gens ?
Dit alors l’empereur ; soyons plus indulgents.
Toute humaine fortune est changeante et fragile ;
Et ces deshérités, comme dit l’Évangile,
Ces pâles mendiants qui n’ont ni feu ni lieu,
Sont tous auprès de nous les envoyés de Dieu. »
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Portrait de Joseph Autran Joseph Autran La Lyre à sept cordes

« Contre les ennemis du Christ et de Dieu même,
Contre tous ces païens dont tu sais la fureur,
Tu te battras demain, dit-il à l’empereur.
La première rencontre aux tiens sera funeste ;
Malheur à l’avant-garde ! il faudra qu’elle y reste ;
Mais tu seras vainqueur, c’est moi qui te le dis,
Et ceux qui tomberont iront en paradis. »
Charlemagne, au réveil, comme un roi qui se lève,
Rassembla ses barons et leur conta son rêve :
Et chacun de ces preux, en quête de danger,
S’offrit pour l’avant-garde et courut s’y ranger.
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