“ Vous n’accepterez point de rançon pour la vie d’un meurtrier dont le crime mérite la mort, car il doit être mis à mort. 32. Vous n’accepterez point de rançon qui permette à celui qui s’est enfui dans sa ville de refuge de revenir habiter dans son pays avant la mort du grand prêtre. 33. Vous ne souillerez point le pays où vous serez, car le sang souille le pays, et il n’y a pour le pays d’expiation pour le sang qui y a été répandu, que par le sang de celui qui l’a répandu. ”
Rançon
Définition et enjeux
La rançon désigne, dans ses formes historiques et symboliques, le paiement d'une somme pour racheter une personne ou un engagement. Ce concept, abordé par divers auteurs, révèle des dimensions variées : religieuse, comme dans la Bible Crampon, qui évoque l'indépendance du sang pour l'expiation ; juridique, avec Paulin Paris, qui la métaphorise en sacrifice chrétien ; ou narrative, comme chez Léon Ville, où elle devient un élément de tension au sein d'un récit.
Les textes mettent également en évidence sa persistance dans les pratiques de captivité et de chevalerie, soulignant son rôle ambivalent entre délivrance et exploitation.
Citations sur “rançon”
Paulin Paris,
Les Romans de la Table ronde
“ Dès qu’ils furent hors de l’arche et à la vue de tout le peuple, une voix dit : « Mon petit peuple nouvellement régénéré, j’apporte la rançon ; c’est mon corps qui, pour te sauver, voulut naître et mourir. Prends garde de recevoir avec recueillement cette faveur. Nul n’en peut être digne, s’il n’est pur d’œuvres et de pensées, et s’il n’a ferme créance. » ”
Léon Ville, Le chef des Hurons
“ J’y ai pensé, mais comme j’avais déjà mon idée relativement à la rançon, je n’ai pas jugé à propos de mettre au cœur du père un désir de vengeance qui l’aurait fait se lancer sur notre piste avec toute sa troupe. ”
Paulin Paris,
Les Romans de la Table ronde
“ Chevalier, dit-elle, vous êtes pris ; j’ai votre épée : voyez s’il vous plaira de payer rançon. — De quelle rançon s’agit-il ? — On vous l’a déjà demandé : plein heaume de votre sang. — Jamais ! la honte en serait trop grande. ”
Gédéon Tallemant des Réaux,
Les Historiettes
“ Quand sa maîtresse revint, elle le trouva pendu. On lui dit pour raison que le traité de la rançon n’étant point conclu, et elle ayant dit seulement qu’elle alloit quérir de quoi se racheter, on avoit pu le traiter comme on avoit fait. ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
“ Lorsque les parents sont assez riches pour la racheter, on envoie un messager qui traite de la rançon; la tête de la prisonnière répond de la sécurité de l'émissaire. Si la rançon est refusée, la prisonnière est condamnée irrévocablement. ”
Paul Fauchille, Traité de droit international public… (1921-1926)
“ Au moyen âge, se développa et s'étendit l'usage de la rançon, qui se continue dans les temps postérieurs. — Certains capitaines célèbres se sont ainsi amassé des fortunes, grâce aux rançons exigées de leurs prisonniers, et la guerre était devenue pour eux une entreprise lucrative. ”
Achille-J. Dalsème, A travers le Palais, hommes et choses judiciaires… (1881)
“ Achetez mon silence, ou je vous dénonce comme un licencieux criminel ! On peut être sans reproche et n'être pas sans peur. Ce moyen de chantage est de beaucoup le plus répandu. Seule, la police sait par à peu près combien de débauchés vrais ou faux succombent à la crainte de révélations auxquelles sont mêlées de jeunes innocences que l'intérêt a perverties ; combien d'amants réels ou supposés se délivrent, par une rançon monnayée, des étreintes d'un mari simulant la fureur ”
Jules Le Neveu, Aimery de Pavie, épisodes des guerres du XIVe siècle dans l'Artois et le Calaisis… (1865)
“ Mon nom est au bout de ma rapière, riposta l'agresseur, et de sa pointé acérée je vous l'écrirai tout à l'heure au fond du coeur; car ce n'est pas un beau coup que je cherche, une forte rançon que j'espère ”
Ferencz Pulsky, Un drame en Hongrie... (1862)
“ Croyez à mon intégrité, madame, mais quelques centaines de ducats sont bientôt dépensés, ajouta-t-il à voix basse, quand il s'agit d'activer les allures des subalternes, les rouages compliqués de la magistrature. — A combien donc la rançon? — Qui parle de rançon ? — Craignez le désespoir d'une mère. Il "faut que mon fils soit mis en liberté, car il est innocent, je lésais. Je ne suis qu'une femme, mais je viendrai au besoin enfoncer les portes de sa prison à la tête de mes paysans, dont la UN DRAME EN HONGRIE 161 troupe dévouée se grossira en chemin comme une avalanche. ”
“ Était-ce donc la rançon d’une civilisation trop aiguë, cette rage impuissante contre la vie, qui ne rêve plus que de la détruire ? ”
“ Même si mes pieds se sont écorchés aux cailloux de la route, même si mes mains saignent du sang des autres, même si mes cheveux sont blancs. Je l'aurai, ma jeunesse qu'on m'a mise en cage; et si je n'ai pas assez d'argent pour payer sa rançon, il faudra qu'on la paye à ma place et qu'on paye double. Ce n'est pas pour moi, l'Espérance qui est restée au fond de la boîte. Je n'espère pas. ”
Marcelle Tinayre,
La Rançon
(1894)
“ Notre amour, qui fut si beau, ne sombrera pas dans le dégoût, dans les querelles misérables. Je paye, dans les larmes et la douleur, par un sacrifice qui excède presque les forces humaines, la rançon d’un surhumain bonheur. ”
Marcelle Tinayre,
La Rançon
(1894)
“ Celles-là, au lit de mort de l’époux, peuvent lever un front pur sous le crêpe des veuves et dire à l’élu de leur jeunesse : « Tu as dormi sur un cœur fidèle et sur un sein que toi seul as baisé. » Mais les autres, les malheureuses qui gardent dans leur âme complexe une tendresse obstinée pour celui qu’elles trahissent, toute la rancœur de leur faute leur monte aux lèvres et l’agonie de leur repentir pleure des larmes sanglantes sur l’agonie du moribond. Rien ne s’oublie, rien ne s’abolit. Nous payons la rançon de toutes nos faiblesses. ”
André Rançon, Dans la Haute-Gambie (1894)
“ Quoiqu’ils fassent cependant, nous estimons qu’ils finiront par disparaître un jour ; car ils sont [339] dans un état d’infériorité évidente vis-à-vis de ceux qui les entourent. Ils ne sont, à tout point de vue, que mal armés pour soutenir la lutte à laquelle ils sont journellement exposés et à laquelle leurs voisins et ennemis sont mieux préparés. ”
A.-E. de L'Étoile, Une visite à chacun, par A.-E. de L'Étoile (1866)
“ Vous m'avez forcé d'agir en ennemi, comme vous vous êtes montré le mien; mais cependant, je n'ai pas cédé à une basse vengeance, et j'ose dire que j'ai plus de chagrin et de honte de votre propre honte que vous n'en éprouvez vous-même. Allez donc changer de costume, monsieur, mais je vous en conjure, au nom de votre propre intérêt, ne cherchez pas à vous soustraire à la justice. Ce serait en vain ; des gendarmes sont à votre porte, et vous ne feriez qu'un scandale de plus. ”
Albéric Second,
La Semaine des quatre jeudis, par Albéric Second
(1872)
“ Ce n'est pas plus votre conviction que la mienne, interrompit-elle. Un voleur de profession se munit d'un pistolet ou d'un poignard, et non d'un flacon d'acide sulfurique. Si je me connaissais des ennemis, je croirais à une tentative de vengeance personnelle. A force de chercher la solution du problème, voici ce que j'ai trouvé : En me frappant, c'est vous qu'on se proposait d'atteindre. On sait que vous avez un peu d'affection pour votre petite amie, et l'on s'est dit que si on la rendait un monstre de laideur, on vous forcerait bien à vous détourner d'elle avec dégoût. ”
Jean-Joseph Regnault-Warin, L'ange des prisons ; (Louis XVII) élégide… (1817)
“ Lève ces yeux obscurcis des pleurs de la rage : voilà, voilà ce glaive, qu'un songe véridique te montra acéré contre toi ! Il se balance sur ta tête, vibré par une main sûre ; et, comme de luimême, il se darde contre ton cœur!. Ainsi, pour châtier l'assassin hypocrite, la justice ressemble à la vengeance, et le prestige d'un rêve a prophétisé la vérité. Le tyran meurt, la France respire, l'univers applaudit ; la Providence est justifiée. ”
“ Je suis un voleur, c'est vrai. Mais j'ai assez de philosophie pour me rendre compte de la signification des mots et pour ne leur attribuer que l'importance qu'ils méritent. Dans l'état naturel, le voleur, c'est celui qui a du superflu, le riche, «Dans l'état social actuel, le voleur c'est celui qui rançonne le riche. Quel bouleversement d'idées!» ainsi qu'on l'a dit avant moi. Mais qu'importe? L'erreur n'a qu'un temps...Au fond, je mets simplement en jeu, moi, fils et neveu de bourgeois, par des actes franchement caractérisés, des aptitudes que j'ai reçues de mes parents et qu'ils développaient sournoisement, dans leur genre d'existence timide, par des actes fort rapprochés des miens. ”
Louis Pergaud,
Le roman de Miraut : chien de chasse
(1937)
“ Par peur, par désœuvrement, par besoin de crier, par rancune aussi peut-être d'avoir été séparé de son maître, rancune qui s'étendait à tous et à toutes, il se mit à aboyer ceux qui passaient : hommes, femmes et même les enfants. ”
Eugène Sue,
Les Mystères de Paris
“ Cette abominable plaisanterie fit rire les détenus aux éclats. Ceci est effrayant... mais loin d’exagérer, nous affaiblissons l’horreur de ces entretiens si communs en prison. Il faut pourtant bien, nous le répétons, que l’on ait une idée, et encore affaiblie, de ce qui se dit, de ce qui se fait dans ces effroyables écoles de perdition, de cynisme, de vol et de meurtre. Il faut que l’on sache avec quel audacieux dédain, presque tous les grands criminels parlent des plus terribles châtiments dont la société puisse les frapper. ”
Camille Pelletan,
La Semaine de Mai
“ Tous ceux que le soupçon ou la délation désignait à des troupes furieuses ; tous ceux qu’on arrêtait pour une vareuse, pour un pantalon, pour une paire de souliers ; tous les habitants des maisons qu’on vidait de la cave au grenier ; tous ceux que la colère aveugle d’un caporal pouvait faire saisir pour un regard de travers ; tous ceux qu’une vengeance particulière faisait signaler par un voisin ; à un moment où toutes les dénonciations étaient accueillies. Les prisonniers étaient entassés dans ce jardin. ”
Anatole France,
L’Anneau d’améthyste
“ Et si même nous sommes dépouillés de nos biens, chassés de nos demeures, le dommage n’en sera point pour nous, mais pour vous qui vous couvrirez des hontes d’un scandale inouï. Vous pourrez exercer contre nous les plus cruelles représailles. Nulle menace ne saurait nous intimider. ”
Pedro Calderón de la Barca,
Oeuvres dramatiques de Caldéron…
(1871-1873)
“ Mais je ne sais par où commencer; ayant toujours vécu plein d'honneur, dans la paix comme dans la guerre, si j'ai à me plaindre de quelque offense, il n'est pas étonnant que je n'aie jamais' appris comment on se plaint. Prend-on des précautions contre ce qu'on ne croit pas avoir à craindre? Ma langue osera dire que j'ai?. Arrête, ma langue, pas un mot, pas une syllabe sur mon affront; car si tu m'offenses, il pourra se faire que, châtiée par ma vie ou par ma mort, offenseur et offensé tout ensemble, je m'outrage à la fin et me venge. ”
Honoré de Balzac,
Oeuvres complètes de M. de Balzac…
“ Je vous suis odieux ! dit le baron en laissant échapper le cri de sa conscience. Nous sommes tous dans le secret de nos torts. Nous supposons presque toujours à nos victimes les sentiments haineux que la vengeance doit leur inspirer : et, malgré les efforts de l’hypocrisie, notre langage ou notre figure avoue au milieu d’une torture imprévue, comme avouait jadis le criminel entre les mains du bourreau. ”
Henri Gisquet,
Mémoires de M. Gisquet, ancien préfet de police…
(1840)
“ Ces mesures destinées à prévenir l'effusion du sang et peut-être des meurtres, donnèrent à l'instant une autre direction aux menaces, aux outrages : c'est à moi, c'est au pouvoir en général qu'on impute les torts; c'est contre lui que se tournent toutes les colères et les désirs de vengeance! ”
Gaston Boissier,
Études de Mœurs romaines sous l’empire…
“ Quelle arme puissante entre les mains de l’envie et de la rancune ! Quel moyen unique de sortir à son avantage de toutes les situations compromises ! Un affranchi a ruiné son maître en son absence ; il l’accusera pour se dispenser de rendre ses comptes. ”
Arthur de Boissieu,
De chute en chute : lettres d'un passant
(1872)
“ Ils accueillent ces bruits de trahison qui partent de la foule pour planer sur l'élite. Au lieu de dire : « Nous sommes coupables, » nous crions : « Nous sommes vendus ! » et, emportés par un orgueil qui ne veut pas céder, nous mettons nos désastres sur le compte du crime, et nous accusons celuici de faiblesse, celui-là de lâcheté, et cet autre de trahison. C'est là le signe certain que nous sommes en République. Il n'y a que deux gouvernements qui aient érigé les soupçons en certitude et les délateurs en institution: A Rome, l'Empire; en France, la République. ”
Marcelle Tinayre,
La Rançon
(1894)
“ Si j’aimais une femme, je préférerais renoncer à elle que de la partager... J’excuse pourtant les amants coupables quand le mari s’est rendu odieux par d’injustes brutalités. J’excuse même ces surprises des sens qui jettent une honnête femme au bras d’un amoureux, chute unique, sans récidive, qu’un repentir immédiat peut effacer. Mais vous, Moritz, vous, Chartrain, vous-même, Vallier, ne réprouvez-vous pas le mensonge de tous les instants, la trahison installée au foyer de famille ?... La femme qu’on possède dans le crime, dans la terreur, peut-on l’aimer d’une bien noble tendresse ? ”
A. Duguay, Larmes et sourires, par A. Duguay (1869)
“ Donnez pour la sauver, Monsieur, d'un grand malheur, Le passant, qui gagnait promptement sa demeure, Répondit brusquement : — Mendier à celte heure C'est habitude de voleur. Il craignait un refus, il reçut un outrage ; Il sentit vers son coeur affluer tout son sang Hors de lui-même il prit au collet le passant. Et le secouant avec rage : Refuse, lui dit—il, au malheur trois fois saint, Mais ne l'insulte pas !.. lâche, tu n'es qu'un lâche ! Le passant effrayé s'écria sans relâche : A l'assassin, à l'assassin !.. ”
Gottfried August Bürger,
Lénore et autres ballades
“ Tyran voué à l'enfer, toi qui n'épargnes ni l'animal, ni l'homme, ni la divinité, écoute son arrêt. Le cri de tes victimes et la voix de tes forfaits t'accusent devant le tribunal où brûle la torche de la vengeance. ”
“ Une plainte qui s’exhale par des milliers de bouches et qui se promène par les rues n’est plus une plainte, mais une menace. Ils souffrent ? Eh ! croyez-vous qu’il n’y ait de souffrances que de leur côté ? ”
Eugène Sue,
Les Mystères de Paris
“ Afin de les détourner de la voie mauvaise, incessamment on les menace des vengeances divines et humaines; incessamment on fait bruire à leurs oreilles un cliquetis sinistre: clefs de prison, carcans de fer, chaînes de bagne; et enfin au loin, dans une pénombre effrayante, à l'extrême horizon du crime, on leur montre le coupe-tête du bourreau, étincelant aux lueurs des flammes éternelles... ”
“ Et si mes actions sont autant de forfaits,Ce bras aurait puni les crimes qu’il a faits. Mais hélas une feinte, une feinte mortelleRend en la différant ma peine plus cruelle,Et me gêne aujourd’hui sans flammes et sans fers,Plus que mille bourreaux et plus que mille Enfers.Tout ce que des destins la haine redoutable Peut employer au mode à faire un misérable,Tout ce que la fortune a de plus outrageux,Tout ce que le Ciel même a de plus orageux,Tout ce qui fait trembler ou d’horreur ou de crainte,Mon esprit accablé le trouve en cette feinte. ”
“ Sur les nerfs d’Étienne, sur son cœur à vif, l’harmonie passa comme une caresse, puis comme une souffrance. Il connut cette ivresse de la musique qui fait jaillir les larmes, affole la sensibilité décuplée, détend les volontés inflexibles. Autour de lui, les visages révélaient le songe intérieur suscité dans les âmes par la grande voix de Beethoven. ”
Marcelle Tinayre,
La Rançon
(1894)
“ Elle ne résista pas. Le bras d’Étienne l’entourait doucement et l’attirait. Docile, elle posa sa joue sur l’épaule de Chartrain. Une chaleur délicieuse la pénétrait ; elle fermait les yeux, envahie d’une félicité mélancolique. Puis elle releva la tête, et ses lèvres rencontrèrent les cheveux d’Étienne, sa tempe, son oreille où elles s’appuyèrent comme par un aveu muet. Lâche, amollie, brisée par la violence de ses sensations, Jacqueline ne pouvait s’arracher des bras de son ami. Elle eût souhaité rester toujours contre cette épaule et que la minute divine ne finit jamais. Mais Étienne soupira. ”
Marcelle Tinayre,
La Rançon
(1894)
“ Ah ! sa résolution était sincère, et ferme sa volonté ; mais son cœur, son faible cœur d’amant se révoltait sous la souffrance. Vivre seul, dormir seul, mourir seul ! Renoncer aux baisers de la femme, au refuge de ses bras, à son sein où tout s’oublie ; détruire l’œuvre de tant de jours, l’intimité créée si lentement et qu’il proclamait éternelle !... Éternelle ? Pauvre homme ! Il n’est rien d’éternel que la misère humaine, que la solitude du cœur peuplée un instant d’amitiés et d’amours fragiles... ”
Eugène Désaugiers, Les Épaves, chansons, par Eugène Désaugiers (1872)
“ Qu'on saisisse un conspirateur Les mains encor noires de poudre, Tout en déplorant son erreur Nous voudrions qu'on pût l'absoudre ; On s'intéresse au prisonnier Victime d'un accès de rage, Mais le soldat et l'ouvrier Tombés sous son feu meurtrier, Je les plains, hélas ! ”
Jean Racine,
Oeuvres complètes de J. Racine…
(1858)
“ Dites, dites plutôt, coeur ingrat et farouche, Qu'auprès du diadème il n'est rien qui vous touche. Mais je me trompe encor : ce rang ne vous plaît pas, Et le crime tout seul a pour vous des appas. Eh bien, puisqu'à ce point vous en êtes avide, Je vous offre à commettre un double parricide : Versez le sang d'un frère; et, si c'est peu du sien, Je vous invite encore à répandre le mien. Vous n'aurez plus alors d'ennemis à soumettre, D'obstacle à surmonter, ni de crime à commettre, Et, n'ayant plus au trône un fâcheux concurrent, De tous les criminels vous serez le plus grand. ”
