Résumé

Portrait de Louis Pergaud Louis Pergaud Le roman de Miraut : chien de chasse

Oh ! mon Dieu, doux Jésus ! qu'est-ce qu'on veut devenir ?
Et elle criait, piaillait, gueulait, tempêtait tant que Lisée, qui ôtait ses souliers, accourut vivement en chaussettes, se demandant avec anxiété de quel abominable crime domestique son chien avait bien pu se rendre encore coupable.
Miraut, affalé sur le flanc, le museau inquiet, les yeux tout ronds de frayeur, le fouet battant, regardait du côté de la porte, craignant fort la raclée.
Lisée arriva près de sa femme. Il vit et aussitôt éclata de rire, d'un bon gros rire joyeux qui lui secouait le ventre et lui découvrait les chicots.
Source : Gutenberg

Portrait de Louis Pergaud Louis Pergaud Le roman de Miraut : chien de chasse

Enfin un jour de février, la chasse étant close depuis une quinzaine et lui n'ayant pas son fusil, Lisée, à deux cents pas de l'endroit, caché derrière un gros chêne, eut la clef de l'énigme.
Le cœur tapant d'émotion, il vit son oreillard sauter du bois, faire ses doublés et ses pointes, revenir à son centre d'opérations et d'un seul saut bondir en l'air, d'un élan fou, comme s'il escaladait le ciel pour retomber... Ah ! çà ! — la coupe était nette — où donc était-il retombé ? Lisée, de derrière son arbre, écarquillait les quinquets : le lièvre avait disparu.
Source : Gutenberg

Portrait de Louis Pergaud Louis Pergaud Le roman de Miraut : chien de chasse (1937)

Lisée fut inflexible.
— Tu la traîneras, mon cochon, répétait-il, jusqu'à ce qu'elle pourrisse et qu'elle pue comme un vieux munster, ça t'apprendra. C'est moi qui jugerai quand tu devras en avoir assez.
De dégoût pour la bestiole qu'il promenait toujours, comme un forçat traîne son boulet, agacé du contact, écœuré par l'odeur, Miraut, pour ne point la toucher, marchait en écartant les pattes, et, pour ne pas la sentir, levait le nez en l'air autant qu'il lui était possible de le faire.
Source : Gallica

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