Léon Ville

Élements biographiques

Léon Ville,  Au Klondyke

“ La faim, la soif, la fatigue, tout est oublié. On s’embrasse, on pleure, on rit ; des voix caverneuses commencent des refrains qu’elles n’achèvent point ; les mains se cherchent, se rencontrent, se serrent. Un matelot saute au cou du capitaine. Le maître d’équipage tire de son sifflet de manœuvre des sons aigus, et lorsqu’il l’écarte de ses lèvres, c’est pour crier :
— Largue le grand hunier, la grande voile, la misaine et la brigantine ! La barre à tribord, et profitons du vent !
Vernier adresse au ciel une prière d’actions de grâces. Son visage est empreint d’une joie intense.
”
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Léon Ville,  Le chef des Hurons

“ Les sauvages s’arrêtèrent un instant, mais leur hésitation fut de courte durée : poussant de nouveau leur terrible cri de guerre, ils s’élancèrent avec furie vers la colline dont ils commencèrent à gravir les pentes sous un feu meurtrier qui les couvrait de fer et de plomb. La mitraille vomie par les canons creusait dans leurs rangs des sillons sanglants, sans que leur élan se ralentît.
Ils allaient bientôt atteindre les retranchements, quand des hurlements formidables montèrent de la plaine.
— C’est le cri de guerre des Hurons ! hurla Sans-Peur. Courage, camarades !
”
Source : Wikisource

Léon Ville,  Peaux-Rouges et visages pâles (1911)

“ Tout à coup, il poussa un cri rauque et fit un bond prodigieux. Sans-Peur tira, mais l'animal, blessé seulement, vint s'abattre sur lui comme une masse. L'homme et le jaguar roulèrent sur le sol.
C'en était fait de Sans-Peur, car sa chute avait été si brusque qu'il n'avait pas eu le temps de dégainer son couteau, mais Taréas veillait : d'un bond, il fut sur le flanc de l'animal et lui planta son couteau dans le cœur avant que ses formidables griffes eussent le temps d'effleurer l'épiderme du chasseur, qui se releva sans la moindre blessure.
”
Source : Gallica

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