“ PERRETTE. Oui, oui, je vois bien que tu as du souci parce que je veux parler à M. Crochard. PIERROT. Mais non, mais non, Perrette ! ça m’est égal va ! Je sais bien que !... seulement je trouve que... c’est à cause des choses que... PERRETTE. Que, que, que... t’expliqueras-tu ? PIERROT, à part. Je ne saurai pas dire... (versant de la crème dans la tasse.) Allons ! pour me donner du courage ! Il avale.PERRETTE. Parleras-tu, à la fin ? PIERROT, revenant à elle. Voilà ce que c’est, Perrette : quand on aime, on est jaloux de tout. Je suppose que mon patron te regarde... ”
Perrette
Définition et enjeux
Citations sur “Perrette”
Léon Séché,
Contes et figures de mon pays.…
(1881)
“ Il partait et revenait aux mêmes heures, mangeait d'assez bon appétit, dormait bien ou faisait semblant de bien dormir, traitait Perrette avec les mêmes égards que par le passé, en un mot ne changeait rien à ses habitudes, seulement, il ne parlait plus de la fontaine; ce qui dispensait les gens du bourg de lui rire au nez. Trompée par ces apparences tranquilles, Perrette tomba dans le piège. Elle s'imagina volontiers, au bout de quelques semaines, qu'on avait oublié le scandale des couches de sa sœur et qu'elle pouvait sans danger renouer ses relations intimes avec son cousin. ”
“ Oui, tu es une sotte, Perrette ! une prude qui monte sur ses grands chevaux et qui fait d’une plaisanterie une grosse affaire. La preuve que je ne te faisais pas de conditions, c’est que je consens à ce que tu désires, et que je ne prétends pas à ta reconnaissance. Je te donnerai du temps, mais tu paieras l’intérêt ? PERRETTE. En argent, oui, monsieur ! CROCHARD. Est-ce que je te demande autre chose ? Tu n’es pas déjà si belle ! (À part.) Si, elle est belle, mais l’argent est plus beau que tout. (Il va pour sortir à droite et trouve Pierrot sur le seuil.) ”
D' Angély, Cours de littérature et de belles-lettres… (1843)
“ Son étonnement est extrême, Tant il lui parait fort, bien nourri, gros et gras. Perrette de ses soins largement est payée. Voilà Perrette renvoyée; Voilà Fanfan que Colas voit partir. Trio de pleurs, Fanfan se désespère; Il aimait Colas comme un frère : Sans Perrette et sans lui que va—t—il devenir? Il fallut se quitter. On dit à la nourrice : « Quand de votre hameau vous viendrez à Paris N'oubliez pas d'amener votre fils, Entendez-vous, Perrette? On lui rendra service. » Perrette, le coeur gros, mais plein d'un doux espoir. De son Colas déjà croit la fortune faite. ”
Ernest Billaudel, La chambre d'ébène (1876)
“ A peine eut-il disparu, qu'un second fiacre s'arrêta devant la porte. Une charmante Perrette, dans le costume traditionnel de ces dames du Pot-au-lait, en descendit, tout en s'enveloppant de son mieux dans un grand châle tartan qui laissait, quoi qu'elle voulùt, apercevoir ses jambes couvertes de bas de soie rouge à coins noirs et ses petits pieds chaussés de souliers mordorés, détails qui ne sentaient pas trop la bergerie. La Perrette, violette de froid, essaya comme le Polichinelle, de passer inaperçue ; mais l'Argus du cordon savait son métier. ”
Alfred Delvau,
Paris inconnu
(1875)
“ L'imagination de Perrette, la laitière du pot au lait, n'est qu'une paresseuse, auprès de celles de la moindre grisette du quartier latin. Avec cette première robe et cette entrée triomphante qu'elles devaient faire le soir dans le domaine du père Bullier, elles voyaient tous les lions des rues Saint-Jacques et de la Harpe, attelés à leur char. Leurs rêves ne s'arrêtaient pas là, elles osaient prétendre aux œillades d'un des beaux des rues Mazarine ou de l'AncienneComédie. ”
“ Tiens ! ils sont tout froids. Tu es glacée, ma Perrette ! chauffe-toi donc ! Il met du bois dans la cheminée.PERRETTE, à la cheminée. Sais-tu, Pierrot, que, si je réussis à attendrir l’usurier, nous en aurons aussi, nous, du bon feu, dans notre petite maison, et du bon temps quelquefois ? pourquoi non ? PIERROT, qui est retourné auprès du pot au lait. Pourquoi non ? Certainement ! Mais... Il se verse de la crème.PERRETTE, sans le voir. Mais quoi ? nous avons à nous deux pour dix mille francs de terres et de bétail. Tu es bon jardinier et je m’entends à soigner les bêtes. ”
Charles Sorel,
La Vraie Histoire comique de Francion
(1623)
“ La servante ouvre à trois grands soldats, qui demandoient à parler à la maîtresse du logis. Perrette descend pour sçavoir ce qu’ils veulent ; ils ne l’eurent pas si tôt envisagée, que l’un d’eux s’approcha d’elle, et lui dit : Mademoiselle, je vous prie de me rendre le manteau que je vous baillai hier au soir en passant par ici. Perrette lui nia qu’elle eût reçu un manteau de lui, et dit qu’elle ne le reconnoissoit point pour prendre quelque chose en garde de sa main. ”
Édouard Fournier,
Variétés historiques et littéraires
“ Hé bien, Perrette, comment se trouve ta dame ? Nostre maistresse m’avoit envoyée pour en sçavoir des nouvelles. Perrette.Je ne sçay comment elle se trouve : elle me donne plus de mal que la gresle [29] . Je ne sçaurois rien faire à son gré : je lui avois tantost faict le meilleur bouillon qu’on eust sceu voir, et si elle n’y a daigné gouster. Il y a bien des affaires après elle ; si son mary n’est tout le jour à luy licher le nez, on n’a ny beau fait ny beau dict avec elle. Elle se chatouille pour se faire rire. J’en voudrois estre aussi loing que j’en suis près. ”
Claude-Joseph Dorat,
Fables ou Allégories philosophiques
(1772)
“ Le desir parle, & c'est lui qu'on écoute. Perrette tombe ; un lit de fleurs l'attend. Que la nature est prévoyante ! Comme, à propos, elle sert un amant ! Celui-ci la seconde ; il a saisi l'instant ; Et Perrette, en se débattant, Eprouve un effroi qui l'enchante. NOTRE guide est au but, & tout prêt d'être heureux, Quand certain bruit se fait entendre. Adieu l'Amour, bon soir les jeux. L'un croit voir son Argus, qui vient pour le surprendre, L'autre craint tout : ils se quittent tous deux. Perrette enfin se sauve & gagne le village : Elle a, je crois, de meilleurs veux ”
Charles Sorel,
La Vraie Histoire comique de Francion
(1623)
“ La bonne Perrette lui ouvrit tout bellement la porte, l’admonestant de bien jouer son rôlet. À son arrivée, je me jetai toute en chemise à la ruelle du lit, et mon amant éperdu, oyant dire que l’on me vouloit mener en prison, s’en alloit courir à son épée, lorsqu’un sergent et son recors l’arrêtèrent furieusement par le bras, le menaçant de le loger aux dépens du roi. Ayant eu inutilement son recours aux supplications, il s’avisa de se servir de ce divin métal dont tout le monde est enchanté ”
Édouard Fournier,
Variétés historiques et littéraires
“ Perrette. Madame, vous plaist-il prendre vostre bouillon ? La Malade.Jesu, quel bouillon ! Voilà qui est amer comme suye : j’aimerois autant prendre une medecine. Vous estes une pauvre sorte de fille de n’avoir pas l’habileté de faire un potage. Perrette.En da, Madame, j’y ai gousté : il est fort bon ; c’est que vous estes degoustée ; voilà du meilleur bouillon qu’on sçauroit jamais prendre. La Malade.M’amie, puisque tu le trouves bon, mange-le. Perrette.En da, je ne sçay donc quel bouillon il vous faudroit ; quand ce seroit pour la bouche du roy, il ne sçauroit estre meilleur. ”
Édouard Fournier,
Variétés historiques et littéraires
“ Perrette.Je n’ay garde de faillir que je ne sois bien changée, d’estre jour et nuit sur pied : j’ay plus de mal qu’un pauvre chien, et si encore on ne m’en sçait point gré. Rouline.Pardy, la nostre n’est point comme cela, Dieu mercy : c’est la femme la plus aisée à gouverner qui soit en Chartres. Mais en recompense, notre maistre est assez malaisé pour tous deux. Georgette.Vramment, tu aurois donc beau dire si tu estois en ma place ; tu te plains de saine teste. J’ay affaire à la veufve et aux heritiers, moy ; si la femme est bien mal-aisée, le maistre est encore pire. ”
Jean Fleury,
Grammaire accompagnée de dictées-exercices…
(1874)
“ PERRETTE ET LA CORNEILLE. Perrette se rend au marché. Ce matin, elle s'est levée de bonne heure; elle a recueilli tout ce que ses poules lui ont donné d'œufs, et va les vendre. Mais quand on fait un récit en employant l'un des passés, les actions qui se sont faites en même temps que celle du verbe principal, s'expriment par l'imparfait, et celles qui se sont faites auparavant, par le plus-que-parfait : Un beau matin, Perrette la fermière parlit pour le marché ; elle monta sur sa mule, et prit dans ses mains Bon panier rempli d'œufs. ”
Louis-Joseph Wagré, Les Prisonniers de Cabrera, souvenirs d'un caporal de grenadiers… (1902)
“ Ma petite Perrette, qui consacrait ses journées au travail, n'avait que ses nuits à donner à l'amour. Beaucoup d'amants eussent trouvé la part raisonnable, et se seraient estimés très heureux de n'avoir que les moments agréables de l'amour sans en avoir les corvées ”
Marie d' Abbadie d'Arrast, Causeries sur le pays basque : la femme et l'enfant (1909)
“ Pour le conduire , la bride et le mors ne serviraient de rien ; quoi qu' on tente , il n' en fait qu' à sa tète . S' il lui prend fantaisie de suivre un chemin de traverse , ou de faire halte , il sait offrir une belle défense . Perrette n' a qu' à se bien tenir et à déployer son agilité ”
Eugénie Foa,
Vertus et talents, modèles des jeunes filles…
(1860)
“ Elle atteignit ainsi la porte de la masure, dont elle tourna le loquet ; elle se trouva aussitôt en présence d'une des deux femmes. — La Fleury ? demanda la dame. — C'est ma mère, répondit la plus jeune ; et aussitôt l'autre parut sur le seuil de la seconde chambre. — Ici, madame, dit celle-ci; puis, se tournant vers sa fille, elle ajouta : Perrette, tu peux t'en aller passer la nuit auprès de la pauvre Marie Besnard qui se meurt ”
Henri Gerfon (1837)
“ En attendant, le mari de Perrette fit observer avec justesse que si sa. femme eût pu consentir à yu échange de nourrissons, les méchants du quartier n'auraient pas manqué de dire que.la cupidité les avait, entraînés à sacrifier leur propre fils à la conservation d'un autre. Mais de la sorte, mon ami, dit M. de Senair, ils n'auront aucun prétexte pour vous calomnier.—Aucun prétexte? dit Perrette. Les méchants eu manquent-ils jamais pour nuire au prochain ? ”
Paul Perret,
Les demi-mariages
(1880)
“ Louis, vos enfants seront les miens. — Un rêve, s'écria-t-il. Les lois qui la rendent libre lui donnent le droit d'élever sa fille. Elle nous la prendra. — Oh ! fit Marie, je ne le crois pas. A vous, elle l'essayerait peut-être. A moi, elle n'osera. — Soit! dit Lartic. C'est une bataille. — La bataille sainte! reprit-elle. — Et ses beaux yeux bleus étaient tout remplis de larmes et de flammes. — Mais votre mari peut la trouver dangereuse pour votre repos, qui est une partie du sien. Il vous refusera son assentiment peut-être. Madame Percy réfléchit un moment : — René? dit-elle enfin. ”
Paul Perret,
Hors la loi. L'automne d'une courtisane
(1877)
“ Madame de Nertia se retrouva debout, retranchée contre la colonne du lit, sous l'ombre du rideau : — Et vous dit-elle, le croyez-vous ? — Moi ! fit-il, en levant les épaules. Vous ai-je interrogée? Je n'ai jamais de curiosité sur les choses qui me sont indifférentes; j'ai pensé que ce pouvait, en effet, n'être pas votre mari. J'ai appris que Maurice d'Olivaie avait disparu. Que m'importent ce vieil agneau et ce jeune loup ?. — Le baron est mort, balbutia-t-elle. Épargnez-le. ”
Paul Perret,
L'âme murée
(1879)
“ Oui, murmura Sillette, qui regardait le sable de l'allée, Mlle de la Pénissière, ton amie. – Tout ce que j'aime au monde après vous Mais je retrouverai ma Dona ; nous nous sommes juré que rien ne nous séparerait jamais, jamais ! Et maintenant, il vaut mieux vous confesser tout, ma mère. C'est moi qui me suis fait chasser du couvent. – Comment as-tu fait ce coup de tête, ma chérie ? – Parce que depuis quelque temps les pensionnaires avaient fait une grande découverte. Quand Laurent venait au parloir, elles disaient que j'avais pour père un domestique et se moquaient de moi. ”
Paul Perret,
Les demi-mariages
(1880)
“ Marthe tressaillit à la vue du mari de sa sœur. Nancré, qui avait recueilli beaucoup d'histoires, apprit à ses compagnons celle de la toilette rouge, qui venait d'arracher un petit cri de surprise à Jacques Hervé. - Ce n'est pas encore tout à fait républicain, ce noir et ce rouge, dit René Percy; mais c'est très-espagnol. — Plus l'or, fit Nancré. L'or, c'est la couleur du mari. — Eh! reprit Percy, il me semble que mon ancienne belle-sœur, si fraîche cet été, a pâli avec l'automne. Est-ce que les libres noces ne rendent point le cœur parfaitement heureux? ”
Paul Perret,
Ce que coûte l'amour
(1881)
“ Ses yeux regardaient la terre comme s'ils y voyaient un gouffre béant. Mort! Julien était là, mort, mort!. Le premier rayon du jour perça les nuées. Il y eut comme un éveil de la nature. Les oiseaux se mirent à pépier sous les arbres du parc. — Il n'entendra plus cela, se dit Charlotte ; et, les mains jointes, elle s'écria : Mon Dieu! mon Dieu! je l'ai tué ! Au même instant, une autre pensée lui vint. son mari allait s'éveiller. Le bon Prospero, ce matin-là, devait se rendre à une partie de pêche. Elle rassembla toutes ses forces, et se leva par un mouvement automatique. ”
Paul Perret,
Hors la loi. L'automne d'une courtisane
(1877)
“ C'est un conte à dormir debout ; on en fait sur moi de toutes les façons et je ne m'en soucie guère. Je n'ai pas eu l'intention de vous offenser. Qu'est-ce que j'ai dit? Que vous seriez le fiancé de mademoiselle d'Olivaie. Tant mieux pour vous! Mais vous ne voulez pas qu'on vous soupçonne d'avoir accroché votre cœur aux buissons du chemin avant d'arriver à elle ! C'est très-prudent, car, entre nous, je crois la belle Édith assez ombrageuse. — Parlez-moi de cette madame de Nertia, interrompit le comte Luigi d'une voix sourde. ”
Paul Perret,
Ce que coûte l'amour
(1881)
“ Je crois que le diable est cordonnier. Le baron Agénor de Boismain de Blandy, le mari de la dame, s'en était allé sous un prétexte en l'air faire une partie de baccarat à la ville ; elle n'en était pas pour cela plus esseulée, ayant appelé René auprès d'elle. — Approchez, cousin, que je vous fasse un peu la guerre. Venez ça, bel Hippolyte. On entendit alors un petit bruit sec de l'autre côlé de la cheminée, où se trouvait une table supportant une lampe. C'était Mme de Boismain qui frappait le bord de cette table d'un coup de son crochet à manche d'ivoire. ”
Paul Perret,
L'âme murée
(1879)
“ Laurent eut un furtif sourire qui fit grimacer les rides de ses lèvres. – Je suis sûr, répondit-il, qu'à cette heure Mme des Roseraies et M. Philippe sont ensemble. – Ah ! fit le commandant Gaspard... ils conspirent... Je crois bien que s'ils attendent un visiteur, ces deux ramiers ténébreux, ce n'est pas moi. Pourquoi ne m'expliquerais-je pas devant Philippe ?... Il subirait sa déconvenue tout de suite... Il a mis l'amour dans la balance, et moi j'y vais mettre cent mille écus. Il verra bien que, dans ces occasions-là, ce n'est pas le plateau de l'amour qui l'emporte. Je vais aux Roseraies. ”
Paul Perret,
L'âme murée
(1879)
“ Le vieillard le regarda et le commandant vit briller comme une flamme égarée sous ses paupières tremblantes : – Je n'ai point d'autre maître que celui qui n'est plus, répondit Laurent Je vous aurais averti, mais il ne l'a pas voulu. M. de la Hairie frappa, de son large poing, sur une table, puis, levant les épaules : – J'aurais tort de m'emporter, dit-il, puisque tu m'as obéi. Je n'ai plus besoin de toi... Si, pourtant... Crois-tu qu'à cette heure je trouverais M. de Cordemais, mon cousin, aux Roseraies, près de cette Sillette ? ”
Paul Perret,
Les Sept Croix-de-Vie, quatrième partie
“ Violante mit un doigt sur sa bouche pour lui commander de parler bas. Il la regarda, il vit que ses yeux étaient brûlés par les larmes. — Vous avez assez veillé, lui dit-il, c’est mon tour. Violante allait s’éloigner sans répondre, mais elle sentit qu’il la retenait doucement et se retourna. Le vieux chouan avait mis un genou en terre comme il faisait souvent quand il s’approchait d’elle ; il avait saisi le bas de sa robe et il le baisait. — Vous avez le cœur d’un homme, fit-il avec cet enthousiasme sauvage que lui inspirait sa jeune maîtresse. ”
“ À PERETTE La voyez-vous cette jeune Perette, Aux pieds légers, quoique peu délicats, En bavolet, en cheveux plats, En jupe simple, mais proprette ? Eh bien ! de la pauvre fillette Je voudrois pour toujours assurer le bonheur. Ah ! qui m’a fait sentir le plaisir d’être aimée, A des droits sacrés sur mon cœur. Par sa naïveté Perette m’a charmée. ”
