Ernest Billaudel

Résumé

Ernest Billaudel La chambre d'ébène (1876)

Ne nez pas, Hector. Quand vous entrez, je le lis sur votre visage, et si quelquefois vous me voyez sourire, c'est parce que je ne vous crains pas et que je vous devine.
La moindre violence amènerait tout d'abord ma retraite. Vous me perdriez pour toujours.
Si je vous cédais, je serais demain pareille à toutes ces pauvres créatures que vous avez séduites. Et d'ailleurs, Hector, vous êtes sûr de moi. Si je ne suis pas à vous, je ne serai du moins jamais à un autre.
La reconnaissance et l'affection m'en font un devoir.
— Vous pourriez aimer un homme, Asie, vous le pourriez ! ! !
Source : Gallica

Ernest Billaudel La chambre d'ébène (1876)

Que serait une union entre de tels êtres ? se demandait Alberte avec terreur. L'un, le caprice déréglé, la passion aveugle ; l'autre, l'esprit le plus absolu, le caractère le plus entier, le plus intraitable : où serait dans la vie commune le lien qui joindrait solidement ces deux époux si dissemblables.
Elle se sentait cependant maîtresse des événements. En effet, la révélation du crime dont Mariannic avait été la victime suffirait vis-à-vis de l'austère marquis de Kérallan à tout entraver.
La fierté et la hauteur d'âme d'Hermine se révolteraient également contre une semblable infamie.
Source : Gallica

Ernest Billaudel La chambre d'ébène (1876)

Elle cherchait à s'habituer au sacrifice ; elle se moulait à sa vie nouvelle. Mais comme c'était le lit de Procuste, elle n'y pouvait remédier.
Le comte eût voulu dès l'abord, pour la distraire et la dépayser, emmener sa femme à Paris ou la faire voyager. Mais Hermine, dans cette maladie d'esprit qui la rongeait, ne haïssait rien tant que ce qui l'écartait d'elle-même. C'était là qu'elle se trouvait à l'aise, et qui l'eût vue dans la solitude ne l'eût, par instant, point reconnue, tant elle se transfigurait en lâchant la bride à sa folie.
Source : Gallica

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