Andrée Viollis

Andrée Viollis

Résumé

Portrait de Andrée Viollis Andrée Viollis Le Secret de la reine Christine (1938)

Elle découvre l’amour et le monde. Elle sème son bonheur le long des routes et à tous les vents.
— Je t’aime, Rinaldo ! crie-t-elle à son amant.
— Je l’aime ! dit-elle à Sentinelli, à Clairet.
— Cela se voit de reste, Madame, répond celui-ci avec un large sourire.
Sentinelli, vaguement jaloux, se contente de s’incliner.
Et à Jean Holm :
— Je suis heureuse ! lui confie-t-elle.
Mais Jean Holm continue à se lamenter :
— Un papiste, Madame. Ah ! tout cela finira mal !...
Christine ne fait qu’en rire. N’est-elle pas libre, comme elle n’eût jamais rêvé qu’on pût l’être ?
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Portrait de Andrée Viollis Andrée Viollis Le Secret de la reine Christine (1938)

Madame, soupira Ebba, je ne suis plus libre. L’époux que Votre Majesté m’a donné...
— Que tu m’as demandé, Ebba, que tu m’as demandé ! Souviens-toi en outre qu’il n’y a plus de Majesté ici, mais seulement une amie, ton amie Christine, qui pour toujours va quitter la Suède.
Ebba poussa un cri de douleur :
— Est-ce possible, Madame ? On me l’a dit, mais je ne pouvais, le croire. Christine, la plus grande reine des temps modernes. Celle dont l’éclat et la science font pâlir les mérites de tous les monarques d’Europe, abandonnant son trône, son pays, ses sujets !... Pourquoi, oh ! pourquoi ?
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Portrait de Andrée Viollis Andrée Viollis Le Secret de la reine Christine (1938)

Ne dirait-on pas, Comte, que vous en avez tâté ?
— Moi ? riposta Magnus. Je n’aurais garde de marcher dans les plate-bandes de l’homme le plus puissant, le plus dangereux de France !
— Mais est-il bien vrai que la reine de France se soit abaissée jusqu’à ce faquin d’Italien, sans naissance et sans véritable grandeur ? s’écria Christine qui, pendant le dithyrambe du jeune homme, avait fait une légère grimace. Elle qui, femme de roi, fut aimée et aima, dit-on, le plus bel homme de son temps et des plus nobles, le duc de Buckingham, quelle chute !
Vrai ? sans aucun doute ! répliqua Magnus.
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