“ Je vous ai dit que nos paysans croyaient à toute sorte d’influences et de divinités mystérieuses ; je vois que le danneman ne vous conduira pas avec confiance à la rencontre de son ours, s’il ne vous rend invulnérable par quelque formule ou talisman de sa façon. Voulez-vous consentir... — Je le crois bien ! s’écria Christian. Je suis avide de tout ce qui est un trait de mœurs. Laissez-moi seul avec le danneman, cher major, et s’il me fait voir le diable, je vous promets de vous le décrire exactement. ”
Danneman
Définition et enjeux
Citations sur “danneman”
“ « Le diable lui-même ne saurait venir à bout de ceux qui mangent du bois ! » Comme le danneman, malgré son enthousiasme pour l’héroïque mastication de son hôte étranger, ne paraissait pas pouvoir répondre de le préserver, les inquiétudes de Larrson recommencèrent, et il essayait encore de dissuader Christian, lorsque le danneman pria tout le monde de sortir, excepté l’étranger. ”
Andrée Viollis,
Le Secret de la reine Christine
(1944)
“ Le danneman, grimpé sur une éminence, agita son bâton vers Magnus, puis sauta de roc en roc avec agilité pour le rejoindre. Il n'en eut pas le temps. Le combat fut très bref. Lorsque le jeune homme escalada l'étroite plateforme, il se trouva face à face avec l'ours qui, effrayé par le bruit, et voulant se, rendre compte, était sorti de la caverne. ”
George Sand,
L’Homme de neige
(1859)
“ Cet homme, haï et méprisé de tous, lui a peut-être fait violence. Elle aura caché son malheur, elle aura exploité la croyance aux esprits de perdition, pour empêcher son jeune frère le danneman de s’exposer en cherchant à tirer vengeance d’un ennemi trop puissant. ”
L. Delmas, Le Crime de la guerre , précédé d'une Lettre au roi de Prusse… (1871)
“ Mais des procédés si exécrables sont moins dignes des hommes que des démons, et l'enfer du Dante ne contient rien de plus terrible que le spectre sanglant et les scènes lugubres qui hantent les imaginations depuis que les hostilités ont éclaté entre la France et l'Allemagne. — C'est le renversement de tous les principes d'honneur et de loyauté connus dans le monde, c'est l'attentat le plus odieux contre la morale publique, ou plutôt c'est la destruction de toute morale ; c'est le génie du mal, c'est le triomphe de Satan. ”
Daniel Stern, Dante et Goethe : dialogues
“ Les sept péchés capitaux, la luxure, la gourmandise, l'avarice, la colère, l'orgueil, l'envie, la paresse, et tous leurs dérivés et tous leurs contraires vont nous faire descendre de spirale en spirale jusqu'au neuvième et dernier cercle où Dante a châtié le crime le plus exécrable à ses yeux, le plus opposé à sa nature magnanime, la trahison. À mesure que l'on descend, la fumée, les brouillards, les vapeurs des lacs fétides et des fleuves de sang obscurcissent davantage l'air plus épais. ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
“ Eh bien, comprenez-vous, dit-il, qu'il n'y a pas besoin de le tuer?—Non, certes, si, comme vous le disiez tout à l'heure, on avait le moyen de faire arrêter Dantès. Mais ce moyen, l'avez-vous?—En cherchant bien, dit Danglars, on pourrait le trouver. Mais continua-t-il, de quoi diable! vais-je me mêler là; est-ce que cela me regarde?—Je ne sais pas si cela vous regarde, dit Fernand en lui saisissant le bras; mais ce que je sais, c'est que vous avez quelque motif de haine particulière contre Dantès: celui qui hait lui-même ne se trompe pas aux sentiments des autres. ”
Daniel Stern, Dante et Goethe : dialogues
“ Des supplices de plus en plus horribles, selon une loi du talion assez rigoureusement observée et selon des catégories conformes en général à la doctrine de l'Église, mais avec des particularités propres à Dante, et bien des ressouvenirs de l'Ethique d'Aristote, y punissent des âmes de plus en plus réprouvées. À chaque cercle préside un démon. ”
Daniel Stern, Dante et Goethe : dialogues
“ Enfin la facilité avec laquelle notre poëte admet que ces magnanimes, ces héros de la vie civile, sont en enfer, est un trait qui marque le temps et ce singulier état des esprits, soumis aux décisions de l'Église touchant le dogme, mais d'une manière extérieure, en quelque sorte, et qui n'atteignait point, au fond, le sentiment moral. L'enfer de Dante est tout rempli de ces contradictions; le rigorisme du théologien s'y allie à l'humanité, à la tendresse, au respect, à l'admiration de l'homme pour ces grands réprouvés qu'il est contraint de damner avec l'Église. ”
Ch. Labitte, Revue des Deux Mondes
“ Si jamais réaction a été légitime, c’est donc celle qui s’est récemment accomplie au profit de Dante. Le XVIIIe siècle avait la haine du moyen-âge ; nous, au contraire, dans la situation un peu confuse et indifférente que nous ont faite les évènemens, nous remontons sans haine à l’étude de cette époque transitoire ; nous nous éprenons même d’admiration pour des idées que nous n’avons plus, pour des dévouemens qui seraient au-dessus de nos forces. ”
Émile Montégut, Poètes et artistes de l'Italie
“ Quelle différence entre le châtiment des voluptueux, qui n’ont péché que contre eux-mêmes, et le châtiment des traîtres, en qui se résument comme en une unité suprême tous les crimes que peut commettre l’humanité ! La justice de Dante, pas plus que celle de Dieu, n’est exempte de tendresse et d’amour ; seulement elle est absolument exempte de cette sentimentalité qui nous est chère, et c’est pourquoi elle nous paraît cruelle et haineuse. L’enfer, dit-on, est une œuvre de vengeance où Dante damne ses ennemis. ”
Ernest Bersot,
Essai sur la Providence
(1853)
“ C'est qu'en effet nous sommes loin de cet âge où la foi qui inspirait à Dante son Enfer, également vive chez le peuple, environnait de terreur l'homme qui avait vu de si redoutables choses, et projetait sur lui comme un reflet des clartés souterraines. ”
Émile Montégut, Poètes et artistes de l'Italie
“ Elle hait sans discrétion et aime sans réserve. Oh ! oui, cela est vrai, Dante n’est pas un homme moderne, il ne soupçonne pas nos nouvelles théories, et il n’a aucune idée de la beauté du mal. Il ne comprendrait pas les consolations philosophiques de date récente que nous ont fournies les docteurs d’outre-Rhin. C’est en vain que vous essaieriez de le consoler de l’injustice et du crime par le spectacle de la nature qui, savante alchimiste, sait tirer la vie de la mort et faire fleurir la destruction. ”
Alexandre Dumas,
Une année à Florence
(1841)
“ Le dédain, le malheur et la vengeance firent de lui un poète sublime. Privé de cette activité mondaine dont il avait besoin, son âme se jeta dans la contemplation des choses divines ; et, tandis que son corps demeurait enchaîné sur la terre, son esprit visitait le triple royaume des morts et peuplait l’enfer de ses haines et le paradis de ses amours. La Divine Comédie est l’œuvre de la vengeance. Dante tailla sa plume avec son épée. ”
Philarète Chasles,
Revue des Deux Mondes
“ Si, dans sa lutte contre la monarchie et Strafford, Pym a été sans pitié, sans scrupule, sans remords, toujours violent, toujours rusé, toujours inexorable, ce n’est pas là ce qui l’isole, sans le justifier, parmi ses compagnons de guerre ; c’est la haine profonde du mensonge, c’est la franchise de l’attaque ; c’est l’amour de la vérité, même dans le crime. Comme Danton, il s’attacha au but positif, au succès, et laissa d’autres esprits adorer la chimère de l’époque. ”
A.-E. de L'Étoile, Une visite à chacun, par A.-E. de L'Étoile (1866)
“ « Me laisserez-vous enfin, leur disait M. Danceau d'une voix basse, altérée par la honte et par la colère. Je vous dis que ma femme est malade, et votre vue peut la tuer. — Allons, allons, du calme, mon bourgeois, du calme, on va vous laisser, » dit le plus âgé des deux hommes tout en continuant à tenir M. Danceau avec un air de crainte et de pitié tout à la fois. Et apercevant le curé il parut éprouver une grande satisfaction ainsi que son compagnon. ”
Julian Klaczko,
Revue des Deux Mondes
“ Il donne la juste mesure du génie spéculatif de Dante et décrit exactement l’horizon de la Divine Comédie comme celui du moyen âge tout entier. J’ai dit du moyen âge qu’il connut des doutes, mais qu’il ne connut pas le doute, le grand doute universel et autonome; je dirais volontiers de même de la Divine Comédie qu’elle contient les maux de notre nature, mais qu’elle ne contient pas le Mal, le Mal dans son sens transcendantal et absolu. Le Mal, Dante le comprend seulement dans ses effets partiels et pratiques, dans ses produits moraux, sociaux et politiques ”
Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling,
Écrits philosophiques
“ De même, Dante ne cherche jamais la vraisemblance vulgaire ou rationelle, qui croit devoir tout motiver et expliquer, mais une vraisemblance poétique qui peut s’allier très bien avec le merveilleux. Dans l’Enfer, le rapport entre les supplices et les crimes est aussi un rapport tout poétique. Un criminaliste qui chercherait une proportion exacte entre la peine et la faute ou une analogie entre la nature de l’une et de l’autre rencontrerait souvent des bizarreries inexplicables. ”
Renée Vivien,
Une femme m’apparut
“ La haine est peut-être plus intense et plus durable que l’amour. Elle est aussi belle, aussi sacrée que l’amour lui-même. Celui qui ne sait point haïr, ne sait point aimer. Parmi tous les poètes, Dante m’émeut le plus, à cause de cette puissance de haine qui était en lui, et qui n’eut d’égale que sa puissance d’amour. Les ennemis implacables sont aussi les amants les plus passionnément tendres. L’Alighieri eût moins adoré Béatrice, s’il eût moins haï ses adversaires. Je t’aime de toute l’ardeur de mes antiques haines, Dagmar. ”
H. Heine,
Revue des Deux Mondes
“ La vie de damné n’est pas aussi dure, Satan n’inventera jamais des tortures aussi raffinées. En revanche, la peinture du Dante est trop modérée dans son ensemble, elle est par trop poétique. L’enfer se présenta à moi comme une grande cuisine bourgeoise, avec un poêle immense sur lequel se trouvaient trois rangées de pots de fer, et dans ces pots étaient les damnés. ”
Lupicin Paget, L'Ennemi ! l'ennemi ! ! [Signé… (1861)
“ Il ne connut jamais le but de la Révolution dont il fut l'un des acteurs restés dans l'opinion de la postérité l'un des plus odieux et des plus détestables. C'est que. ses actes de cruauté, peut-être moins horribles que ceux de Danton, ne produisirent rien d'utile à la cause qu'il était censé défendre. Danton est devenu une figure légendaire que l'on aime pour sa hardiesse, son audace, son éloquence, son génie et surtout pour l'amour si tendre qu'il portait à sa jeune femme. Comme Luther, c'était un homme qui avait de l'homme toutes les passions ”
Joseph Teysseire, Trop tôt. [Une sérénade.] Par J. Teysseire (1878)
“ Ce supplice que Dante n'a pas osé inventer pour les damnés de son enfer, ce supplice est le mien !. et j'y suis condamné à jamais! — Cependant, pour toute consolation, tu m'offres ton front à embrasser. J'ai le droit de t'embrasser au front!. — Excommunié de l'amour, je puis bien, comme autrefois les excommuniés de l'église, arriver jusqu'au péristyle du temple ; mais il m'est interdit, sous peine de sacrilège, d'en franchir le seuil, et je suis exclu pour toujours des divins mystères qui se célèbrent sous ses voûtes sacrées !. ”
François Bazin, Le Monument de Dannemois (15 décembre 1872… (1872)
“ Celui de Dannemois a été le premier en date : un combat s'est livré aussi dans les roches qui nous entourent, la veille même de l'investissement de Paris. Il nous a coûté cher, vous ne le savez que trop, vous, acteurs et témoins de la lutte, francs-tireurs et paysans improvisés soldats ”
Joseph-Arthur de Gobineau,
Nouvelles asiatiques
“ Une opinion du Dante, acceptée par l’Ordre de Saint-Dominique, enseigne que la damnation des hommes consistera en ceci, qu’ils obtiendront avec surcroît ce qu’ils ont aimé dans cette existence terrestre, ce qu’ils ont cherché, ce qu’ils ont voulu. ”
Marcelle Tinayre,
Les Lampes voilées
“ « Il me dirait que Dante, comme la Bible, contient tout, et que « tout est signe, et signe de signe... » C’est péché mortel que de se tuer volontairement ; c’est péché mortel que de ne pas vouloir vivre... Allez prendre racine dans la forêt des Suicidés, Mademoiselle !... En attendant, je suis en retard ; ma mère prépare une scène dramatique, et j’ai mon manteau tout déchiré ; cruel châtiment pour une fille qui doit raccommoder ses vêtements elle-même... ”
Frédéric Ozanam,
Œuvres complètes de Frédéric Ozanam…
“ Soit qu’il nous donne tout le spectacle de la damnation dans une âme coupable, soit qu’il. décrive les cieux mystiques, et qu’il les traverse pour aller s’anéantir devant l’Incréé, que fait-il, sinon de frayer à Dante les routes de l’enfer et du ciel ? Il a touché d’avance aux grands problèmes religieux que son successeur soulève à chaque pas, et qu’on lui reproche injustement, comme si ce n’était pas un effort du génie d’avoir construit ce paradis tout spirituel, dont la première béatitude est de connaître, et la seconde d’aimer. ”
Charles Labitte, Revue des Deux Mondes
“ Les voluptueux, chez Dante, sont moins sévèrement traités peut-être : dans l’Enfer, il n’y a point de flammes pour eux ; c’est une rafale seulement, La bufera infernal he mai non resta, qui les emporte dans son tourbillon comme une bande de grues et les entrechoque sans relâche. Chez Wettin, l’idée d’expiation temporaire, de rachat, est évidemment distincte de l’idée de damnation. Le visionnaire observe cependant l’unité de lieu dans ce vaste drame de l’éternité ; le purgatoire et l’enfer se confondent pour lui sur la même scène. ”
Frédéric Poulin, Éloge de Frédéric Ozanam (1813-1853… (1861)
“ Dante avait voulu populariser sous une forme symbolique toute la philosophie de son temps. C'est cette philosophie qu'il s'agissait de démêler à travers les épisodes si dissemblables de ce poëme, immense comme les trois mondes qu'il embrasse. Ozanam le fit avec une rare sagacités Dans l'Enfer, il vit une théorie complète du mal à tous ses degrés, considéré tour à tour comme cause et comme effet, comme crime et comme châtiment, Dans le Purgatoire, c'était la lutte du bien et du mal, et le retour graduel de l'homme déchu vers les régions de la lumière et de l'amour. ”
Pseudo-Denys l’Aréopagite, Œuvres de saint Denys l’Aréopagite
“ Je ne puis m’empêcher de trouver un sujet de réflexions pénibles dans cette bonne fortune que fit si vite la négation insolente du protestantisme relativement à l’authenticité des œuvres de saint Denys. Le mensonge parle ; que dis-je ? il se montre ; on n’en voit que l’ombre, et il séduit ! La vérité parle aussi ; elle étincelle, elle resplendit d’une douce et pure clarté, et on la dédaigne ! Oui, en tous les points où le bien et le mal peuvent se toucher, Dieu laisse quelquefois prendre à celui-ci un scandaleux empire sur celui-là. ”
Frédéric Ozanam,
Œuvres complètes de Frédéric Ozanam…
“ Dante arrive à une porte mystérieuse qui rappelle la porte sainte du jubile. Trois degrés y conduisent l’un, de marbre blanc et poli l’autre, d’une pierre sombre, rude et calcinée ; le troisième, d’un porphyre d’une couleur sanglante. Ce sont les trois conditions de la pénitence : la confession sincère, la contrition, la satisfaction. Tous tes interprètes l’entendent ainsi. L’ange, image du prêtre, est assis en haut. Il tient à la main l’épée dont il touche le front des pécheurs, comme le pénitencier frappe de sa baguette la tête des pèlerins agenouillés devant lui. ”
Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling,
Écrits philosophiques
“ Car, ce que des hommes qui n’étaient pas capables de saisir l’ensemble ont désigné, en partie, comme bas et trivial, ne l’est pas dans son sens ; c’est un élément nécessaire de la nature mixte du poëme, et qui l’a fait nommer comédie par Dante lui-même. La haine de la perversité, la sainte indignation qui s’expriment dans la composition terrible de Dante, ne sont pas le partage des âmes communes. ”
H. Taine, Revue des Deux Mondes
“ Un dépôt extraordinaire de rancunes vieillies, d’envie corrosive et d’aigreur recuite s’est amassé dans cette âme ; la poche au fiel est comble, et le fiel extravasé déborde jusque sur les morts. Jamais il n’est las de tuer à nouveau ses adversaires guillotinés, les Girondins, Chaumette, Hébert, surtout Danton [147] , probablement parce que Danton a été l’ouvrier actif de la révolution, dont il n’est que le pédagogue incapable ; sur ce cadavre encore tiède, sa haine posthume suinte en diffamations apprêtées, en contre-vérités palpables. ”
Marie-Claire Daveluy,
L’incroyable histoire de Damien-sans-peur
“ Il n’achève pas. Il voit avec horreur se transformer la figure du prince des démons. Elle devient hideuse. Lucifer est debout. Ses yeux qui flamboient et brûlent demeurent attachés sur la poitrine de Damien. Le pauvre garçon y porte les yeux... Ciel ! qu’aperçoit-il ?... Un filet de sang qui coule lentement... le long de sa tunique de satin blanc. Ce filet va s’élargissant... Et là, comme dans un miroir vient se refléter la figure douloureuse de la Madone. La petite médaille de la Vierge livre le secret de Damien. Satan saisit son épée. Sa fureur ne connaît plus de bornes. ”
