Joseph-Arthur de Gobineau,
Nouvelles asiatiques
“ Elle ne vit personne. Elle écouta ; elle n’entendait rien ; elle regarda dans le corridor ; tout était sombre, elle ne vit rien ; une minute, deux minutes passèrent dans cette attente pleine d’angoisses pour elle, pleine d’une foi certaine pour lui. Alors un léger bruit s’éveilla ; l’entrée de la maison s’ouvrait ; un pas furtif, rapide, frôla les dalles de pierre ; une forme, d’abord indistincte, se détacha des ténèbres ; une femme se montra, arriva sur le seuil de la chambre, un voile tomba, Djemylèh se précipita vers le lit, et Mohsèn, poussant un cri de bonheur, la reçut dans ses bras. ”

