Joseph-Arthur de Gobineau

Joseph-Arthur de Gobineau

Résumé

Portrait de Joseph-Arthur de Gobineau Joseph-Arthur de Gobineau Adélaïde

C’était là fort mal aisé et je le donnerais en cent aux plus habiles; il était clair qu’en obéissant à Adélaïde, Frédéric n’avait ni la personne de la jeune fille, ni aucun des avantages de l’amour; mais, en désobéissant à la comtesse, il était déshonoré à tout jamais, perdu pour le monde, chassé certainement de l’armée, obligé de s’expatrier et il n’avait pas le sou, ce qui aggravait singulièrement la situation, ne perdez pas ce point-là de vue. Aussi sa perplexité peut-elle être peu héroïque, elle n’en est pas moins assez concevable.
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Portrait de Joseph-Arthur de Gobineau Joseph-Arthur de Gobineau Adélaïde

Outre ce qu’une conquête avait en elle-même de désirable et de glorieux, outre qu’il était à regretter qu’à seize ans, on n’eût pas encore pris garde à elle, outre que le bien d’autrui est nécessairement bien plus enviable que le bien qui n’appartient à personne, comme sa mère était, en définitive, l’être le plus puissant dont elle eût la notion, elle ne conçut rien de si chevaleresque, de si vaillant, de si hardi, de si digne d’admiration que d’affronter sa mère et, si elle pouvait, de la battre et de la dépouiller.
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Portrait de Joseph-Arthur de Gobineau Joseph-Arthur de Gobineau Adélaïde

Elle était blonde extrêmement, blanche à éblouir, une taille de reine, des bras admirables, rien d’une jeune fille, beaucoup d’une impératrice, au grand moins l’esprit de sa mère, et son audace et sa hauteur implacable, et, en plus, ce qui n’était pas à dédaigner, le sentiment parfaitement défini qu’elle tenait le pas comme femme aimée vis-à-vis de celle qui ne l’était plus et comme beauté dans sa fleur vis-à-vis de la rose plus d’à demi effeuillée.
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