Dauphin Meunier

Résumé

Dauphin Meunier Revue des Deux Mondes

A n’en pas douter, c’était bien par l’effet d’un amour posthume et d’un vif désir d’expiation qu’Emilie se trouvait ramenée dans cet hôtel de la rue de Seine qu’elle et Mirabeau avaient habité peu de temps, et jamais ensemble. Emilie venait y goûter les seuls plaisirs possibles d’une vie manquée et finissante : plaisirs de s’affliger, d’épouser une ombre, de rendre à son mari mort les devoirs de fidélité, de dévouement, de tendresse, qu’elle avait le repentir de lui avoir refusés vivant.
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Dauphin Meunier Revue des Deux Mondes

Nous sommes très résolus, mon père et moi, de soutenir le procès en séparation, si M. de Mirabeau nous attaque ; papa n’épargnera ni sa fortune ni aucun moyen pour me soustraire à un homme si peu maître de lui. Je suis bien persuadée que mon beau-père ne le soutiendra pas dans les démarches qu’il prétend faire contre moi. Mon père et moi avons sa parole d’honneur même de m’en garantir ; j’espère qu’il ne mettra pas mon père dans le cas de la faire valoir ; et à la manière dont M. de Mirabeau s’y prend je suis bien sûre qu’il n’a pas l’aveu de mon beau-père.
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Dauphin Meunier Revue des Deux Mondes

La fille qu’il avait eue de Sophie était morte. « Par un faux honneur qu’on se fait d’être constant, a dit Saint-Evremond, on entretient pendant longtemps les misérables restes d’une passion usée. » Il ne s’agissait plus que d’anéantir, avec ces restes, l’arrêt qui authentiquait les preuves de leur adultère. Il y fallut un procès retentissant, qui se termina le 14 août 1782 par une transaction, homologuée aussitôt : Mirabeau obtenait sa mise hors de cause ; Sophie s’engageait à vivre au couvent jusqu’à la mort de son vieux mari. Fier de ce succès, Mirabeau se retourna vers la Provence.
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