Résumé

Aristide Joly Les Procès de Mirabeau en Provence… (1863)

Mirabeau emprunté de toutes mains, et volontiers ensuite se fait illusion sur son droit de propriété.
Quant à n'être qu'une voix, il est un moment où on dirait que c'est là le seul rôle de Mirabeau à la tribune. Il semble se jouer de son éloquences slenivrer de sa parole pour elle-même, pour la satisfaction d'artiste qu'elle lui donne, pour les applaudissements qu'elle provoque, pour les émotions de la lutte, pour le plaisir de vaincre des résistances, sans souci du but. C'est un bel instrument de guerre, terrible, mais sans âme.
Source : Gallica

Aristide Joly Les Procès de Mirabeau en Provence… (1863)

Et pour les développer encore, au penchant naturel de Mirabeau se joignaient les tendances du temps. A la fin du XVIIIe. siècle, tout se tournait en polémique. Depuis le traité de morale jusqu'à la tragédie, toute littérature se faisait plaidoyer. Voyez Voltaire, Rousseau, Diderot. Tout écrivain est doublé d'un avocat.
Ainsi se préparait son éloquence ; éloquence toute particulière, du reste, et faite pour des temps d'orage. C'est pour cela qu'elle en a les grondements, qu'elle a quelque chose de démesuré. Mirabeau n'est pas un orateur a la façon de Cicéron ou de Démosthenes.
Source : Gallica

Aristide Joly Les Procès de Mirabeau en Provence… (1863)

S'il a pu être donné à un seul homme d'exercer sur la Révolution française l'influence que quelques historiens reconnaissent au grand orateur, sans le parasol cassé de M. de Villeneuve-Mouans, seigneur de Séranon et de Sartoux, peut-être toutes nos destinées étaient changées : Mirabeau n'était pas enfermé au donjon de Vincennes, il n'écrivait pas l'Essaisur le despotisme, il ne lançait pas à la noblesse de Provence sa triomphante apostrophe, la Révolution n'avait pas son tribun, et Louis XVI n'était pas précipité du trône.
Source : Gallica

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